Comment passer de l’inacceptable au confort sans se prendre la tête

Tu viens peut-être de lire mon texte précédent sur la notion de standard. Si tu ne l’as pas encore fait je te laisse le lien à la fin de cet article. Du coup cette notion de standard, d’acceptable et d’inacceptable et de curseur à monter, j’ai envie de t’en parler dans un domaine spécifique, dans mon propre domaine qui est la peinture.

Je n’utiliserai pas le mot « exigence » dans ce texte. Tout simplement parce qu’il n’a rien à faire ici. Il ne s’agit pas de te transformer en Léonard de Vinci tu l’as compris. Si tu t’intéresses à la peinture, peut-être que tu peins toi-même, peut-être même que ça fait longtemps que tu pratiques tu sais pertinemment déjà ce que l’exigence signifie. Cette exigence envers toi même qui te flanque le bourdon la plupart du temps parce que tu as un mal de chien à l’atteindre en vrai.

Donc l’idée de ce texte est de te faire prendre conscience que sous cette exigence, sous ce mot que l’on conserve comme un programme en tache de fond il peut y avoir autre chose que de la pénibilité.

Ce n’est pas parce que tu vas passer une centaine d’heure sur un tableau que tu vas résoudre ce problème d’exigence tu le sais sans doute déjà.

Alors sur quoi faut il agir pour passer de cette sensation pénible d’inacceptable au confort, c’est à dire à un état d’esprit où quelque soit le résultat que tu vas obtenir tu le verras comme une progression et non comme une stagnation ou pire une régression.

Si tu peins depuis longtemps tu connais certainement ce mécanisme. Un jour on est enthousiaste, on sent que ce que l’on peint est magnifique, on est dans le mood et puis deux ou trois jours après c’est tout l’inverse. On se demande à ces moments là si on ne ferait pas mieux d’aller élever des escargots ou planter des choux quelque part peinard sur une ile bretonne. Tu vois ce que je veux dire.

bon après on peut se faire une raison, une fois qu’on sait que ce mécanisme est récurrent que c’est ta façon de fonctionner, style récompense, punition, pénibilité et orgasme.

Le problème souvent c’est que l’on ne s’en rend pas compte. On subit ce truc comme une sorte de malédiction et on serre les dents. Et puis un jour on se défenestre, on range les pinceaux, on tue quelqu’un et on finit à la case prison sans toucher de récompense.

J’exagère le trait bien sur mais dans le fond tu sais bien que je ne suis pas très loin de la vérité.

Ce mécanisme est super agaçant au bout du compte.

Comment le changer ? Comment s’en foutre et passer à autre chose ? Comment se libérer de cette malédiction qui nous pourrit la vie sans relâche à période régulière.

Enfin moi cela m’arrive régulièrement je te l’avoue. Et si j’écris ce texte c’est surement parce que je me rends compte de cette situation et que je te prends à témoin.

En même temps si cela peut apporter de l’eau à ton moulin, je trouve ça plutôt chouette.

Ca me permettra si tu trouves des clefs là dedans et que tu me le dis, de ne pas me prendre pour un fêlé du bulbe une fois de plus.

bref je crois qu’on ne peut vraiment bien parler d’une situation que lorsqu’on est parvenu à s’en sortir. Ce ne serait qu’une vérification ultime avant d’embrayer sur autre chose, ce serait déjà fantastique n’est ce pas.

De ces deux mots, inacceptable et confort chacun décide d’une définition qui lui est propre.

Ce qui est inacceptable quand tu réalises un tableau cela veut dire quoi ?

Et là justement je pourrais te noyer de mots encore et d’informations et ça ne servirait à rien.

Non, prends plutôt une feuille et tire un trait vertical en plein milieu. Fais le maintenant tu comprendras mieux ce que je veux dire.

Ensuite en haut de la colonne de gauche écris le mot inacceptable.

et commence à écrire tous les mots qui te viennent à l’esprit sur ce que représente pour toi un travail inacceptable en peinture.

Peut-être que tu ne fais jamais de grands formats parce que tu n’as pas la place, les moyens, pas les brosses et les couteaux qui conviendraient et tous ces manques font que réaliser un grand format est dans cette catégorie de l’inacceptable.

Peut-être que tu penses que ta technique en dessin n’est pas suffisamment ceci ou pas suffisamment cela et qu’en très grand ce serait encore pire que d’habitude et tu ranges aussi dans une certaine mesure ton inaptitude dans l’inacceptable.

Peut-être qu’il te faut un type de peinture particulier et qu’en ce moment tu n’as pas les moyens de l’utiliser, parce que tu n’as pas de fric, ou alors pas d’aération pour évacuer les odeurs, ou alors les temps de séchage pour ce type d’huile sont trop longs et que ça t’obligerait à laisser un bordel innommable en plein milieu de ton salon.

tu vois tu peux trouver un tas de raison pour nourrir la catégorie inacceptable.

et maintenant sur la colonne de droite écris le mot « confort ».

Et liste de la même façon tout ce qui pour toi représente une peinture réussie de façon confortable.

Aller c’est à toi.

Tu as peut-être plus de mal à trouver et c’est tout à fait normal.

Notre esprit est ainsi fait qu’on trouve bien plus de raisons à conserver en nous cette idée d’inacceptable sans nous l’avouer que d’imaginer un confort, un mieux.

Ferme les yeux et respire

Imagine que tu puisses trouver une méthode pour pouvoir peindre des grands formats dans ton salon que te faudrait t’il vraiment pour y parvenir facilement ?

Peut-être que tu pourrais changer un peu l’organisation de la pièce

Peut-être qu’un tas de choses l’encombrent, un tas de choses que tu ne regardes plus vraiment et que tu pourrais mettre dans une autre pièces, voir donner à quelqu’un, les vendre sur le bon coin, ou simplement les emporter chez Emmaüs ou dans une déchetterie.

bon il y a peut être un tas de souvenirs attachés à ces choses. Tu te demandes si c’est une bonne chose de t’en séparer…

Oui c’est une bonne chose vas y dégage tout ça.

Le but c’est de faire de la place dans ton salon

et dans ta tête

Le but c’est de trouver du confort.

Il n’y a pas d’autre but pour le moment.

Tu comprends le système.

Et tu peux faire cela pour un tas de petites choses.

Si tu souffres, si tu trouves ça pénible au début c’est tout à fait normal

L’insupportable te colle aux basques. Tu t’es tellement tellement attaché à cet insupportable qu’il est devenu comme ton ombre. C’est normal encore plus si tu es plutôt solitaire. L’insupportable est d’une fidélité irréprochable. C’est peut-être même ton seul ami.

Il ne s’agit pas de lui couper la tête bien sur

seulement d’être conscient de ce phénomène. ton identité est associée à l’insupportable, elle est peut-être bâtie dessus. Plus tu vis des choses insupportables plus tu as l’impression d’exister.

Nous sommes nombreux à vivre comme ça sur la planète.

Au regard de cet insupportable familier qu’avons nous en face ?

Des images de pub.

Ce que le monde te renvoie comme image du confort ce sont des images de pub.

Mais le confort ce n’est pas d’avoir des intérieurs cuir, ce n’est pas d’avoir une fille au jambes interminables assise près de toi, ce n’est pas d’avoir une montre suisse, et ce n’est pas une lessive qui lave plus blanc que blanc non plus.

ça c’est du paraitre, du superficiel, du vent

Comme de t’imaginer dans la plus belle galerie du monde entouré de petits fours mielleux.

Tu vois ce que je veux dire.

Le confort cela devrait être de pouvoir peindre en toute tranquillité d’esprit.

Le confort c’est de pouvoir te dire j’ai deux heures devant moi et je ne vais pas etre dérangé par quoi que ce soit.

Le confort c’est de se dire qu’importe le résultat obtenu aujourd’hui, j’ai fais ce que je pouvais et on verra bien.

Le confort c’est de pouvoir quitter ton chevalet pour passer à autre chose sans que cela te prenne la tete le reste de la journée et t’empeche de dormir la nuit.

Le confort c’est de voir une de tes toiles emballée sous le bras d’un visiteur en étant content que ce soit cette personne là justement qui est tombée en amour sur ton oeuvre

Sans regret

tu vois le confort c’est assez simple finalement de le lister lui aussi si on met de coté tout l’imaginaire de la pub. Si on est juste envers soi-même et les choses qui nous entourent qui sont à notre portée.

Le confort c’est de pouvoir faire les choses dans remord ni regret du mieux que nous pouvons dans les conditions que nous choisissons pour les faire.

Et ça marche pour la peinture

ça marche pour un tas de choses.

Tu as la feuille désormais devant toi, tu peux t’amuser à la remplir, à y ajouter ou retrancher des choses.

Au bout d’un moment tu verras qu’on retranche plus qu’on ajoute.

Et sans prise de tête. Dans la bonne humeur !

Lien vers le texte « notion de standard ».

https://peinturechamanique.blog/2020/10/09/la-notion-de-standard/

2 commentaires sur “Comment passer de l’inacceptable au confort sans se prendre la tête

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