Demande l’impossible

Si il n’y avait pas des gens qui demandaient l’impossible, nous n’en serions pas là. Nous nous chaufferions encore à la bougie. Nous irions à la chasse aux rats et mon épouse râlerait encore plus d’avoir la lessive de mon pauvre pagne et de mes chausses à effectuer à la main.

Si nous en sommes arrivés là. A cet immense bordel, c’est parce que certains hurluberlus ont demandé l’impossible. Et qu’ils le demandent encore et toujours.

Ils sont les stratèges de nos vies et nous placent selon nos compétences à devenir leurs managers ou de pauvres exécutants s’appuyant sur des listes de tâches, des manuels que les managers auront pondu pour rendre l’impossible possible.

C’est comme ça que tu as le smartphone le plus plat du monde. C’est comme ça que tu bosses peut-être à la chaîne dans une usine de construction de bagnoles à hydrogène, c’est comme ça que Mars aussi est passé ces derniers temps du statut de rêve impossible à un projet réaliste sur lequel planchent des centaines de milliers de personnes.

ça laisse rêveur.

Le problème c’est lorsque tu es tout seul et que tu dois avoir les trois casquettes simultanées

Etre le stratège de ta vie, le manager qui va rendre possible les délires du stratège, et l’exécutant qui grâce à un plan, à une liste d’actions à réaliser sans réfléchir va mener à bien l’opération finale.

La grande difficulté est d’en prendre conscience.

Ne pas mélanger les genres sans arrêt sinon tu t’épuises pour pas grand chose au final.

C’est ce que l’on appelle une belle confusion, ou un dialogue de sourds.

Pourquoi est ce tellement nécessaire de demander l’impossible ?

Parce que le possible existe déjà partout et que nous avons tellement le nez dedans qu’il finit par sentir mauvais, qu’il nous monte au nez.

Imagine que tu veuilles réaliser une collection de peintures pour une exposition importante et qu’il te reste seulement un mois devant toi pour réaliser une dizaine de tableaux.

ça c’est la volonté du stratège en toi.

tu viens de raccrocher le téléphone après avoir dit « oui » à un commissaire d’expo. Tu n’as pas réfléchi. Tu as dit oui parce que ton job c’est cela dire oui à l’impossible.

Et maintenant tu te tournes vers le miroir de la salle de bain pour te raser et tu vois la tête du manager.

Putain dix toiles de 2mx2m à l’huile en un mois…

Et là mentalement tu commences à décortiquer le problème.

C’est à dire que tu vas sortir peu à peu de l’effroi que cette nouvelle provoque chez toi.

10 toiles en 30 jours

Il va falloir te poser un tas de questions pour trouver la meilleure solution c’est ce que l’on appelle dans le jargon des chefs de projet une étude de faisabilité ou une étude d’adéquation.

Il y a ce que veut le client ( et là le client c’est le stratège, c’est toi et tu veux un truc impossible, c’est à dire en fait un truc que tu n’as jamais fait)

Il y a le manager qui va créer une marche à suivre la plus efficace et la plus rationnelle possible. c’est toujours toi qui approche l’impossible en le débarrassant de son aspect brut et émotionnel. En divisant les difficultés en petites parties.

Et puis il y a le peintre tout au bout de la chaine qui va s’appuyer sur ce qu’à pondu le manager comme marche à suivre.

Si il y a un pépin le peintre ne doit pas être à blâmer. C’est plutôt le système qui est à remettre en question.

Lorsqu’on y pense c’est vraiment la configuration la plus écologique pour s’attaquer correctement à l’impossible.

Ce qui fait que l’on s’arrete devant l’impossible c’est quoi ?

Ou plutôt c’est qui ?

Ce n’est pas le patron.

Ce ne devrait pas être le manager, il est payé virtuellement le plus souvent pour rendre possible l’impossible.

Non celui qui s’arrete devant l’impossible c’est juste l’exécutant. L’artiste peintre qui s’il n’a pas de marche à suivre, pas de plan, pas d’organisation sur laquelle s’appuyer va partir irrémédiablement dans tous les sens puis s’apercevra qu’il n’y arrive pas, finira par se culpabiliser et au bout du compte râler contre la terre entière.

Ca ne devrait pas se passer ainsi.

Le peintre devrait pouvoir se retourner tranquillement vers le manager et dire :

ça ne marche pas démerdes toi pour trouver une méthode qui marche.

Et voilà tout.

Et puis le temps que ça vienne, rien n’empêche ce dernier d’aller faire un petit tour en foret ou dans la campagne pour se dégourdir un peu les jambes.

2 commentaires sur “Demande l’impossible

  1. J’adore ce concept:

     » Le peintre devrait pouvoir se retourner tranquillement vers le manager et dire :

    ça ne marche pas démerdes toi pour trouver une méthode qui marche.

    Et voilà tout.

    Et puis le temps que ça vienne, rien n’empêche ce dernier d’aller faire un petit tour en foret ou dans la campagne pour se dégourdir un peu les jambes.  »

    … mettre en application le plus souvent possible 🙂

    Aimé par 1 personne

Les commentaires sont fermés.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :