The Faultless Painter, le peintre infaillible.

C’est dans un poème de Robert Bronning publié en 1855  » Men and Women » et sous la forme d’un monologue dramatique que l’on trouve cette expression « the faultless painter ». Andrea Del Sarto parle à son épouse Laeticia de sa position de peintre virtuose au sein du petit cénacle des grands noms qui l’entourent: Léonardo Da Vinci, Michelangelo, Botticelli, et quelques autres et il se plaint tout en mettant en avant sa trop grande virtuosité. Celle ci étant son talon d’Achille et qui lui vaudra en quelque sorte sa perte aux yeux de Giorgio Vasari qui sans doute avait découvert en lui-même cette même faille : La facilité de peindre à peu près tout sans effort.

Il ressortira à la fin du poème la fameuse expression « less is more », ou moins c’est plus, moins c’est mieux.

De quoi est il question ? Pourquoi Vasari ne le reconnait pas parmi ses pairs.

Vasari « « Ce fut un homme aimable, d’une belle figure, doué de quelques petits talents, de beaucoup d’adresse, et de persévérance, et d’une de ces âmes froides, très convenables pour faire son chemin dans le monde, et pour être un plat artiste. » en a dit Stendhal dans son ouvrage  » Histoire de la peinture en Italie » Mais c’était un personnage clef de l’époque et de son atelier étaient bel et bien sortis les plus grands.

Mais revenons au poème de Bronning et à Andréa Del Sarte qui s’exprime en se vantant tout d’abord de n’avoir plus besoin de faire ni esquisse ni ébauche et de pouvoir peindre directement des toiles avec cette facilité déconcertante que tous lui reconnaissent. Puis dans un second temps en reconnaissant le fait qu’il s’agit d’une sorte de malédiction.

Dans le fond le propos porte sur une notion toujours actuelle qui est la notion d’achèvement ou d’inachèvement de l’œuvre. Son degré d’achèvement.

On pourrait penser le propos assez anodin et résumer tout ça à la notion de « finition » d’un travail, à une notion de temps passé pour réaliser le tableau. Or, déjà à la Renaissance cette notion de temps passé, de durée de réalisation n’est plus en adéquation avec la valeur de l’œuvre. La valeur perçue par le public. Léonard de Vinci, n’achevait pas ses œuvres de la même façon que Botticelli par exemple, il n’y consacrait pas autant de temps. Il savait doser une notion de temps passé, avec un certain degré d’achèvement afin de rendre compte d’une intention première. Cependant Léonard préparait son travail, il réalisait des esquisses innombrables, et des ébauches ( une ébauche se fait directement sur le tableau, c’est un travail préparatoire susceptible d’être corrigé lors de l’avancé du tableau)

Andréa Del Sarte comme il s’en vante et s’en plaint en même temps est dépassé par sa virtuosité. En gagnant du temps il se rend compte qu’il en perd et surtout qu’il perd quelque chose en lien avec l’intention, comme avec l’imprévisibilité qui d’ordinaire accompagne celle-ci.

Less is more, moins c’est plus, on pourrait aussi parler de la perfection de l’imperfection. En laissant une part à l’imprévisible qui en quelque sorte est l’ingrédient ultime nécessaire à l’élaboration de tout chef d’œuvre, lui conférant cette fameuse nouveauté, ou originalité tant demandée.

En peignant tout « trop juste, trop bien » Andrea Del Sarte s’est coupé d’une source essentielle de la création, c’est l’imprévisible, la maladresse apparente, celle qui n’est pas prévue mais qui apporte beaucoup. Par une attention moins forte, une habilité qui s’oublie dans la maladresse, ce que nous appelons désormais le « lâcher prise ».

Voici pourquoi Vasari, le mécène de la renommée des grands peintres de la Renaissance dont le souvenir est venu jusqu’à nous, ne juge pas à la même hauteur Del Sarte et Léonard.

C’est un point extrêmement important de dissocier l’habileté technique, l’intention, et le résultat final, l’œuvre dans sa valeur perçue.

Picasso l’a compris qui lui aussi était victime si je peux dire de la même malédiction. En s’écartant de l’habileté, de la perfection du dessin, de cette maitrise précoce du dessin, il pu se sauver à temps et revenir à l’intention. A la notion clef d’originalité.

Ce n’est rien d’être original si cette originalité n’est pas accueillie dans un contexte propice. Si elle n’est pas reconnue. Elle coute un prix trop exorbitant à la plupart des créateurs en temps passé pour une maigre rétribution. Il faut qu’elle s’inscrive dans une continuité pour qu’on la considère enfin. L’originalité de groupes aura été une tentative d’imposer l’originalité en exploitant une manière, une technique mais elle ne peut atteindre à la valeur perçue à elle seule sans l’intention qui se noue à l’histoire par des fils visibles au spectateur attentif.

En faire plus avec moins c’est aussi ce dont j’ai envie de te parler aujourd’hui dans un travail plus vaste que j’ai entrepris sur la créativité et que je compte alimenter au fur et à mesure des prochains textes.

Que faut il vraiment pour être créatif ?

Je voudrais parler des 3 ingrédients indispensables qui sont :

1.La connaissance

2. la pensée divergente

3. La pensée convergente.

Je ne sais pas encore comment je vais faire passer les infos, soit par textes , soit par podcast, soit par vidéo…

Peut-être pourrais tu me donner ton avis en commentaire pour savoir si ce sujet t’intéresse et le canal que tu préfèrerais ?

Illustration Dessin d’Andrea Del Sarto Portrait de jeune homme

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