Des anciens Aztèques aux mind maps modernes

En triant mes notes , j’ai retrouvé les éléments d’une recherche que j’avais effectuée sur la culture Aztèque il y a de cela plusieurs années. Et tu le sais peut-être je porte une attention soutenue à tout ce qui peut surgir dans ma journée que ce soit un courrier que je reçois, les dessins que forme un oiseau en train de voler dans le ciel, ou bien une idée qui arrive et qui en entraine une ou plusieurs autres. Hier par exemple je me demandais comment trouver un système d’organisation plus confortable pour ces notes que j’étais en train de classer quand tout à coup un mot m’a traversé l’esprit et c’était le terme de « carte heuristique » qu’on appelle également carte mentale. Du coup je me suis interrompu dans mon tri et j’ai effectué une recherche sur internet pour suivre cette dernière idée et voir jusqu’où elle me conduirait.

Ce matin je repense à tout cela et pour reprendre le fil de ce texte que j’écris j’ai cette intuition de relier les Aztèques et cette idée de mind maps , de cartes mentales en me souvenant à quel point cette civilisation pouvait être ingénieuse pour regrouper un certain nombre de caractéristiques dans la façon de représenter ses dieux.

Le panthéon Aztèque est immense. Sans doute l’idée de classement s’est-t ‘elle imposée au fur et à mesure des acculturations car non content de posséder leurs propres divinités, il absorbaient volontiers des divinités étrangères. Les divinités de tous les peuples périphériques au territoire aztèque.

Image de têtes d’animaux et de divinité aztèque issues du codex Magliabech probablement réalisé à l’époque coloniale au XVI eme siècle

En fouillant un peu plus loin je découvre à quel point chaque partie du corps de ces différents avatars représente tout un système élaboré de codes. Ainsi la tête qui porte toujours une coiffe est elle même divisée en différentes parties qui toutes regroupent un certain nombre de qualités particulières.

Image tiré du codex Borbonicus

En découvrant le travail de Tony Buzan sur la création et l’utilisation des cartes heuristiques le fameux mindmaping, cette similarité ne m’a pas échappée et étrangement elle m’est en premier lieu venue par l’intermédiaire de la couleur.

Mindmap sur le mindmapping

L’iconographie aztèque est riche de couleurs vives tout comme les minds maps actuelles.

En même temps que tous ces éléments s’organisaient peu à peu comme pour parvenir à ma conscience du moment, je ne cessais de perdre de vue un de mes objectifs de cette semaine : créer de petites vidéos de formation pour tous mes groupes d’élèves afin de conserver le lien et ne pas les laisser seuls à leur sort dans le domaine du dessin et de la peinture.

Et c’est encore à la suite de cette réflexion que je me suis souvenu de ce formidable livre de Betty Edwards : « dessiner grâce au cerveau droit » que j’ai aussitôt été rechercher dans ma bibliothèque. Je veux dire qu’il était absolument impératif que je quitte toute autre activité en cours pour trouver ce libre dans le fatras de ma bibliothèque.

Une heure plus tard je ressortais de la pièce victorieux avec au bout du bras le fameux bouquin que je me mis évidemment à reparcourir aussitôt.

Dessiner avec le cerveau droit Livre de Betty Edwards

Cela m’entraina à la fin de l’après-midi sans même que je ne m’en aperçoive et c’est quand j’ai relevé le nez que je me suis aperçu que la nuit était tombée.

C’est aussi à ce moment que j’ai entendu le son caractéristique d’une notification m’indiquant que je venais de recevoir un nouvel email.

C’était le devis pour l’installation d’une nouvelle chaudière que le plombier me faisait parvenir. Nous sommes actuellement en panne et on peut donc dire que c’est une préoccupation importante, suffisamment en tous cas pour que j’ouvre le mail et vacille en me rendant à la fin du devis pour découvrir le montant global à payer.

Du coup toute l’énergie que je pouvais encore avoir s’est dissipée d’un seul coup. Je me suis senti vidé car évidemment nous ne pouvons trouver un telle somme en ce moment.

J’ai allumé une cigarette j’ai tourné un peu dans l’atelier en regardant les quelques tableaux que j’ai actuellement en jachère. Des idées de soldes m’ont traversé l’esprit que j’ai rejeté aussitôt.

Enfin quelques minutes plus tard je me suis contraint à respirer le plus profondément possible pour retrouver un rythme cardiaque correct et j’ai à nouveau réfléchi sur tous les éléments à l’apparence si disparate de cette journée qui devait n’être qu’une journée comme une autre, aussi banale ou extraordinaire que toutes les autres selon le point de vue que je suis en mesure d’adopter.

Mettant de coté mes problèmes de chauffage, je suis revenu vers ma tablette avec une nouvelle intuition concernant les manuels de dessin que le peintre Hokuzai à énormément produit au japon et dans lesquels il classe trois styles d’approche successif pour apprendre aux étudiants à dessiner. Ces styles traitent notamment de la qualité des traits, tout comme Betty Edwards évoque l’importance du contour d’une façon moderne.

Hokuzai utilise des pictogrammes pour indiquer à quel style le dessin présenté dans ses cartouches d’illustration correspond, ainsi l’élève pourra avec un peu d’attention réunir de façon visuelle un certain nombre de caractéristiques qui réunit tous les dessins du manuel à l’intérieur d’un style bien précis. Pour corser le tout Hokusai ne s’est pas contenté d’organiser la somme de ses illustrations de façon logique, par exemple par catégorie, par style, non. Il a volontairement tout mélanger.

Au 19eme siècle quand les artistes puisaient énormément dans la littérature iconographique asiatique, ce manuel de dessin du peintre japonais avait été littéralement plébiscité par ceux ci. J’imagine que Van Gogh s’en est donné à cœur joie pour recueillir de précieuses informations qu’on ne peut pas s’empêcher de retrouver une fois qu’on sait le lien sur les dessins et les tableaux qu’il aura produit. Manet également s’est certainement inspiré d’Hokusai. Enfin pratiquement tous les peintres de cette époque comprenaient l’apport du maître, savoir qu’il tirait lui-même de l’étude de la calligraphie.

Planche d’illustration manuel de dessin des trois styles Hokusai

A ce point de ma réflexion sur les relations entre calligraphie et dessin j’ai eu la curiosité soudaine de m’intéresser aux règles de l’écriture chinoise. Ici encore il y aurait énormément de choses à dire sur les 5 règles sur lesquelles s’appuyer pour écrire correctement les caractères chinois. Tout est codifié, la ligne verticale, l’horizontale, ne se fait pas à l’improviste, il y a un ordre logique à suivre.

En examinant l’un de ces caractères chinois j’ai été frappé à nouveau par ce que je découvrais: une relation étonnante avec l’iconographie aztèque et les mind maps.

Biang le caractère chinois le plus compliqué…

Je ne sais pas si le confinement va continuer de produire ce genre de choses dans ma cervelle. J’ai l’impression que je m’améliore de plus en plus pour utiliser certaines parties généralement en sommeil de ma cervelle. J’établis d’étranges relation avec les choses qui généralement ne sont pas censées en avoir….

Et si finalement on était en train d’assister à une inversion des pôles cérébraux sans même le savoir.

L’hémisphère gauche qui a eut le dessus pendant tellement de siècles n’arriverait plus à gérér cette somme de données imprévues voire inutiles dans la logique habituelle de son fonctionnement et serait en train de passer le relais à son alter égo droit, siège de la créativité. Ce qui serait assez logique vue l’immense panade dans laquelle nous sommes aujourd’hui.

Ce texte sans queue ni tête d’ailleurs est peut être un exemple, une tentative de le montrer dans trop faire de tapage.

Encore un élément à ajouter à ma tour de Pise du jour c’est ce souvenir merveilleux du jour où la première fois j’ai écouté en classe de primaire cette formidable histoire de « Pierre et le Loup » Tu la connais surement toi aussi : chaque personnage est incarné à la fois par un instrument et une petite mélodie qu’il joue. C’est pour rappeler à quel point nous possédons en nous un potentiel inouïe de façon de nous représenter le monde de tant de façons différentes.

Pierre et le loup Sandrine Kao illustration

D’ailleurs pour en revenir à l’apprentissage du dessin et de la peinture il me semble que c’est bien cette hégémonie du cerveau gauche qui nous entrave le plus souvent et nous fait croire que nous devons « acquérir absolument du savoir, de la technique » alors qu’en fait il ne suffit souvent que de fermer les yeux pour se souvenir et accéder ainsi à ce rien et à ce tout qui se trouve là logé comme un mystère au fond de chacun de nous.

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