Repartir de zéro.

Je m’arrête à 12. Non pas parce que le chiffre 13 m’effraie. Parce que 12 est comme une promesse. Après 1 et 2.. le 3 toujours renouvelé dans cette pauvreté d’esprit à laquelle je tiens. A laquelle je m’efforce de tenir. De m’accrocher. Le dernier personnage synthèse de tous les autres qui vient le soir à l’oasis rencontrer tous les autres. Sans arme, sans canine, sans séduction, sans artifice j’aimerais.

Cependant que tous ces moyens ne sont que des actes servant à déposer un « je ne sais quoi ». Un frémissement dans l’absolu indiquant l’intervalle. Entre l’être et le néant. Entre tout et rien.

Ce qui me choque dans l’écoute c’est ce décalage entre celui qui écrit et celui qui parle.

Parvenir à la 12 ème étape et en prendre conscience. Comme les 12 travaux d’Hercule ne sont que des métaphores du processus alchimique qui se joue en chacun de nous, conscients ou pas peu importe. La vie s’occupe d’elle même à travers nous et cela ne nous regarde pas tant qu’on ne le voit pas.

Quand on le voit enfin on peut être submergé par l’effroi, par la grâce, dépossédé de nous-mêmes en tous cas.

C’est la ruine totale à laquelle tu accèdes heureux ou malheureux encore, dernier sas avant la métamorphose proche.

Cette ruine est le signal. Peu importe ta façon de la nommer, de l’interpréter elle n’est qu’un événement issue d’une suite d’événements.

Il y a la ruine comme il pleut comme il fait beau. Ni plus ni moins.

Parvenir à voir ainsi, à voir les choses en face c’est revenir à l’origine.

A la morale.

Au face à face lié à la morale.

voir les choses ainsi c’est sortir de l’histoire que se raconte sans relâche toute la suite des personnages. Sortir de cet éternel « il était une fois ».

Et pourtant n’est ce pas étonnant que les deux se cotoient depuis le tout début des temps

qu’ils soient face à face

l’être et le « il était une fois » et non pas l’être et le néant.

J’ai envie de faire une nouvelle série d’émissions qui irait encore plus profondément vers ce face à face.

ça m’inspire, si je peux dire les choses comme ça.

Il me semble que cette longue exploration de l’être, de la sensation d’être est comme un os brisé dont la substantifique moelle s’écoule dans ce temps de confinement.

Elle illumine les lieux dans lesquels je me trouve, les instants où le désœuvrement oscille entre impulsion et rien.

toujours cette molette de la station de radio que l’on tourne plus ou moins nerveusement pour trouver la bonne fréquence.

Il faut au moins faire ce geste, ce mouvement de tourner la molette.

Ce serait le sujet central de cette nouvelle série.

Je pourrais partir du réel, d’un projet à réaliser comme ces tableaux que je dois faire en lien avec les textes de Georges Chich, un de mes amis poètes.

C’est un face à face entre peinture et écriture duquel j’aimerais que l’on puisse comprendre cette notion de morale originelle. Me la repréciser à moi même sans doute en premier lieu pour mieux la partager ce faisant.

Ce projet m’habite depuis des semaines et je ne cesse de le reporter, de m’en évader par des actions périphériques. C’est à cela que je mesure parfois l’importance de celui-ci, à cet évitement constant.

Sans doute pour marquer le coup, pour donner le coup d’envoi, l’impulsion, le notion d’engagement est elle nécessaire. Mais que signifie vraiment ce mot d’engagement tellement utilisé désormais qu’il finit par se noyer dans le langage ?

Qu’est ce que j’appelle moi un engagement ? Ce pourrait être le sujet de la première émission de cette série, de ce podcast que j’ai envie de titrer  » repartir de zéro ».

4 commentaires sur “Repartir de zéro.

  1. Peut être une idée pour cette série à mettre en place.
    Je me poserai la question: quel est le point de rencontre de ce texte avec ce tableau ?
    Point de rencontre, me semble un mot pouvant amener le peintre à la lisière du texte sans passer la frontière de l’interprétation trop mental afin d’en garder l’essence, l’alchimie. « Point de rencontre »

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