Ni Dieu ni maître, mais du vin !

Même le bouddha disait que si tu voyais le bouddha à l’extérieur de toi tu devais le tuer. Mais cette obsession d’adorer est tellement forte, toujours présente qu’elle devrait apparaitre aussitôt suspecte à celle ou celui qui s’y adonne corps et âme.

Dans cette époque de confusion n’importe qui peut devenir guru et n’importe qui peut s’abandonner à cette croyance qu’il puisse exister en dehors de lui même un maître.

Le grand secret de polichinelle est qu’il n’y a absolument ni dieu ni maître en dehors de soi.

Toute idée que tu puisses te faire de ce que tu appelles dieu ou maître est erronée.

Ce genre d’idée ne sert à rien d’autre qu’à creuser un écart entre l’égo et le soi. A renforcer l’égo au travers d’une projection extérieure.

Car on pense que de s’abandonner à un dieu à un maître c’est en finir avec cet égo alors que c’est souvent tout le contraire qui s’effectue.

N’en est il pas de même dans nos relations amoureuses ?

Dans nos relations amicales ?

Aussitôt que l’égo commence à vouloir tirer profit de quoi que ce soit il devient comme ce crapaud qui fume et finit par exploser.

Par exces.

Parce que le juste milieu s’atteint à tâtons entre deux extrêmes.

C’est la même chose pour l’adoration des maitres en peinture, dans tous les arts d’ailleurs.

Cette propension à s’aplatir devant ce que l’on imagine plus grand que soi on ne devrait pas la projeter vers l’extérieur.

Repartir de zéro c’est aussi comprendre cela.

C’est découvrir la puissance créatrice du zéro en soi-même.

Sans pour autant quitter ce monde. Au contraire en y appartenant plus encore.

En comprenant soudain la nécessité de l’égo, sa vulnérabilité, sa fragilité.

Tout simplement en lui accordant de l’attention. Comme pour un petit enfant.

De toutes les images de saint une m’a toujours ému particulièrement, c’est celle de Saint Christophe qui traverse le fleuve en portant un enfant sur ses épaules.

Les croyants y voient généralement un homme qui porte le Christ sur son dos.

Cette image est ancienne, on la retrouve en Grèce avec Atlas, l’un des titans qui porte la Terre sur ses épaules.

Ces deux images finissent par se juxtaposer en ce moment dans l’idée simple d’avoir quelque chose à supporter. A supporter pour ne pas que quelque chose s’effondre totalement dans le néant.

Supporter cet égo comme un petit enfant ou la planète finit par être la même chose.

Se supporter soi.

Non pas comme on le dit souvent avec cette fatigue de l’insupportable.

Supporter comme porter au dessus. Au dessus de tout. Au dessus de tout ce que l’on imagine qu’est l’extérieur. Cette fiction de l’extérieur.

Supporter cette fiction également.

En reniant cette notion de divinité ou de maitrise dans son avilissement en premier lieu.

Avilissement car elle ne peut être « à la hauteur »

Puis la découvrir au fond de soi par inadvertance.

Soudain.

Et ne pas non plus la révérer exagérément en soi.

Trouver la justesse du ton pour dialoguer.

Pour monologuer finalement.

Puis pour se taire.

Dans un silence abondant, fécond.

Dans cet art nouveau de revenir au zéro que je découvre, peut-être qu’une période de silence s’impose.

Comme un sas, un passage encore pour mieux choisir les mots.

Laisser plus de silence entre eux surtout.

C’est le plus difficile encore à traverser, l’inconfort de retenir l’écriture, de perdre canne et béquille pour réapprendre à marcher.

Peut-être encore une illusion à laquelle je m’accrocherais comme à la dérivée d’une divinité personnelle qui m »échappe comme dans un jeu de chat.

Peut-être qu’il est impossible de ne croire absolument en rien.

Que le véritable maitre du jeu est ce néant en moi.

« Peut-être » le mot du lâche.ai je entendu récemment.

Lâche car indécis.

Moi je trouve plutôt courageux au contraire de conserver comme le feu cette indécision permanente.

Elle me fait repousser à chaque fois tant d’illusions et de mensonges, les miens surtout que je projette à l’extérieur de moi-même.

Evidemment que lorsqu’on prend conscience de tout cela on bénéficie d’un pouvoir extraordinaire. Un pouvoir qui peut encore servir d’échappatoire. Un nouveau sentier dans lequel s’égarer.

Rebrousser chemin est alors en premier lieu une sorte de crève cœur.

Tous les trésors encore une fois nous passent sous le nez.

La soif de Tantale inextinguible.

L’avidité.

Et puis dans un bruit de casseroles, voici qu’arrivent mon bon ami Diogène accompagné de François qui déclame son Gargantua à tous les moutons de Panurge en grossissant sa voix. Pétards, flon flon et pinard à flot…

Et nous nous regardons en souriant avec Omar Khayyam

en levant nos verres et trinquons

Nous déclamons

« Il n’y a pas de vérité, mais il existe des mensonges évidents ».

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