Justesse et attention

Où se situe l’attention que nous portons aux choses ? Appartient t’elle à ce que nous appelons « l’esprit » où bien à cette partie de nous mêmes que nous appelons « conscience » ?

Et où se trouve cette conscience ? Est t’elle dans notre cerveau ? Dans notre cœur ? se situe t’elle à l’intérieur ou à l’extérieur de nous ?

C’est dans le cadre de cette recherche que je suis tombé il y a des années sur un petit livre de Geshe Langri Tangpa intitulé  » L’entrainement de l’esprit » et qui est une sorte de résumé destiné à l’apprentisage du bouddhisme aux occidentaux. Il s’agit du bouddhisme Mahayana qu’on appelle aussi  » grand véhicule », un bouddhisme très ancien.

Il existe ainsi 8 règles fondamentales pour entrainer l’esprit que je ne citerais pas toutes dans cet article car une seule est à l’origine de l’impulsion qui me le fait écrire

Il s’agit de la 6ème règle :

Même quand une personne que j’ai aidée,
Ou en laquelle j’ai placé de grands espoirs,
Me traite de façon très injuste,
Je la verrai comme un véritable maître spirituel.

Je crois qu’elle convient particulièrement à notre époque pour contrer la puissance néfaste du ressentiment qui envahit de plus en plus de personnes.

Je ne suis pas en train d’essayer de t’emmener sur un plan sentimental, au contraire j’aimerais insister sur les relations qu’entretiennent notre capacité de discernement et notre capacité d’attention. Cette capacité que nous possédons tous, naturellement, à effectuer une passerelle entre la justesse et l’attention.

Elle vient de ce que l’on appelle plus communément « le bon sens « .

Au passage tu peux noter que s’il existe un bon sens cela signifie qu’il en existe au moins un de mauvais sinon bien plus en opposition au premier.

C’est ce qu’on appelle aussi une voie, un chemin.

Il est possible d’aiguiser son attention et cela renforce la justesse des décisions que nous prenons vis à vis de nous même ou des autres, du choix en général.

Ce qui m’a souvent gêné avec la notion de rangement, d’ordre était l’absence de précision que je ressentais lorsqu’on m’évoquait l’ importance, la nécessité d’avoir  » de l’ordre ».

L’ordre est encore associé à une notion extérieure d’autorité à subir qu’elle provienne de l’extérieur ou de l’intérieur de nous.

Comme si l’autorité assumait d’emblée le fait que nous manquions justement de ce bon sens, du discernement et de la capacité de mettre en œuvre justesse et attention par nous mêmes.

S’en remettre à l’autorité, à cet impératif d’ordre revient au même que d’obéir aveuglement à toutes les injonctions par peur de faillir, peur de la punition qu’apporte toute désobéissance dans notre éducation classique.

Et bien sur de ne pas être aimé.

C’est aussi sur cette même soumission à l’autorité, à cette obéissance aveugle que fonctionne le commandement militaire. On ne demande pas à un soldat de réfléchir lorsqu’il est au combat. On lui demande seulement d’exécuter les ordres.

Encore faut il que celui qui les donne ne soit pas un crétin achevé évidemment. Sinon il y aura tôt ou tard l’apparition d’une singularité dans l’esprit source d’interprétation, de remise en question du bien fondé de cet ordre venu  » du ciel ».

C’est ce qui se passe désormais dans nos sociétés complexes et avec nos politiques.

La confiance aveugle propice à l’action dirigée vers une vision collective est une maladie en bonne voie de rémission.

Mais c’est encore voir de façon superficielle la véritable nature de l’esprit.

Cette 6ème règle destinée à le dompter est d’autant plus intéressante qu’elle fournit de nombreuses clefs pour mieux comprendre comment faire face à l’apparent désordre actuel.

Cela peut paraitre sot à bon nombre de personnes j’imagine de considérer un abruti comme un maitre spirituel, ou un salopard, ou un traitre à la nation voir même un président de la république.

C’est parce que nous effectuons une différence, une séparation entre lui et nous.

En acceptant que nous puissions en certaines circonstances agir exactement de même nous pourrions comprendre la raison de ses agissements, de sa vanité en expérimentant notre propre vanité et partant en prendre conscience.

Plus l’imbécile sera imbécile, plus cruel sera le cruel, plus fourbe sera le fourbe plus l’enseignement sera riche ai je envie de dire même si je passe pour un idiot magistral.

Cela ne veut bien sur pas dire qu’il faut l’embrasser et l’étreindre avec reconnaissance et amour.

Ce serait encore obéir aveuglément dans un des mauvais sens que j’ai évoqué.

Simplement sentir la justesse de l’attention qu’on éprouve face à ce type de personne, à ce type d’évènement. Le signe que l’on est sur la bonne voie est à la fois la sensation de calme et de clarté que l’on ressent.

Rien de plus, rien de moins.

2 commentaires sur “Justesse et attention

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