A quelle température la véhémence se transforme t’elle en bienveillance ?

Cette force impétueuse qui nous place hors de nous dans la rapidité de l’immédiat, elle n’est qu’une force si on la débarrasse de toute pensée et de toute émotion. Et bien sur en tant que force nous pouvons l’observer grâce au recul de la même façon que l’on peint un tableau.

L’art et l’alchimie ne font qu’un. Il faut juste trouver le bon creuset, l’athanor dans lequel placer toute matière à penser, à rêver, à peindre et à écrire.

Sans doute faut il régler la flamme et trouver la bonne température pour ouvrir la carapace muette à priori de toute chose, de tout objet et de tout mot et bien sur de toutes ces forces invisibles à priori en nous.

En ce moment la flamme se nourrit des circonstances, de cette série de petites catastrophes en chaines que nous traversons tous à plus ou moins hauts degrés

J’observais ma véhémence hier encore. Celle que je ne cesse de déployer contre un obscur plombier qui m’a installé une chaudière d’une façon déplorable.

Cette véhémence qui me fait trépigner, hurler, me plaindre, murmurer et grincer des dents.

Quelle formidable énergie ! Elle compenserait sans doute ce nécessaire qui nous manque pour nous sentir au chaud mon épouse et moi avec un brin d’imagination et d’humour.

Elle fatigue surtout beaucoup. Et puis parce qu’elle ne cesse de revenir de façon répétitive elle provoque aussi l’ennui.

S’extraire de cette véhémence est un but comme un autre dans cet étrange espace temps que propose le confinement.

S’extraire pour l’observer en premier lieu comme je l’ai dit. Prendre du recul.

Ensuite la transmuter, saisir son dynamisme puisqu’elle est force se nourrissant d’Energie.

En la chauffant comme une midinette avec des promesses de violence encore plus séduisantes ne servira pas à grand chose. La séduction stérile dans ce cas là la laissera de bois.

Comment faire fondre cette sauvageonne ?

Souvent dans un tel cas de figure j’ai utilisé l’indifférence. Toutes les mégères détestent l’indifférence si mes observations anciennes sont toujours d’actualité.

Il suffit de tester, j’ai tout mon temps.

Observer et rester indifférent.

Il ne reste plus au bout du compte qu’un événement neutre. Une chaudière éteinte, une maison froide et le parfum d’une colère antique incarnée par une déesse obscure drapée dans sa bouderie.

A ce moment je le sais je n’ai qu’à faire un pas. Un seul. La prendre dans mes bras et la rassurer.

Mais non je ne t’oublie pas. Viens tout contre moi.

La véhémence frémit et je sens tout le poids de son corps chaud contre le mien.

Finalement elle s’abandonne.

Reste encore à parvenir à la bienveillance…

Aller sous la couette bien au chaud et peut-être que c’est justement cette température là exactement qui la fera s’ouvrir complètement. Qui la rendra femme tout simplement et moi son compagnon de tous les temps.

Qu’échanger d’autre alors que la formidable puissance de la bienveillance après tout cela ?

Et bien sur comme je n’avais pas ma tête de tous les jours, comme j’avais l’air détendu, presque gai mon épouse s’est étonnée. Puis en fronçant les sourcils elle m’a dit :

Tu as une maitresse ?

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