L’art est partout

La France est désormais un modèle de répression en même temps qu’un sujet de plaisanterie pour les pays qui nous entourent. Le pays des Lumières et des Droits de l’Homme est devenu une république bananière dirigée par un vizir Iznogoud peu sympathique mais qui ne ménage pas les séances de coaching pour en avoir l’air aux yeux de ses concitoyens.

Nous avions connu la mollesse incarnée avec François Hollande, le petit coq perpétuellement excité et qui se rengorge avec Sarkozy, nous voici désormais affublés d’un banquier qui s’est donné la mission de pénétrer dans le personnage du clown, triste le plus souvent et qui parait s’être donné la mission de devenir le puis effrayant possible.

Nous ne sommes pas loin de « ça » le best seller de Stephen King.

La tension monte progressivement au fur et à mesure que les Français découvrent le « pot aux roses ».

J’espère surtout que ce sont les Français qui ont voté pour cet énergumène en lui accordant leur confiance qui en prennent conscience. Certains le supputaient dès le début, d’autres le vociféraient, « ne votez pas pour ce produit bancaire mal fagotté…  » c’est ce que je disais sans trop le clamer sur les toits, parce qu’autour de moi beaucoup entretenaient encore un espoir démesuré.

Si je regarde en arrière, que je me remémore tous les Présidents de la République par lesquels nous sommes « passés » , quels sont ceux qui ont vraiment eu cette stature digne de représenter la France ?

Même physiquement.

Jusqu’à l’âge de 50 ans je n’ai pas eu d’estime particulière, ni pour De Gaulle ni pour Chirac. Pas vraiment non plus pour Pompidou et Mitterrand. Ma conscience politique aura surtout brillé par son abscence.

Bien sur j’ai effectué quelques tentatives pour m’intéresser. Au lycée pour faire le malin je me suis inscrit à la LCR pour les atouts plastiques d’une fille dont je briguais l’amitié et l’admiration et certainement aussi pour faire chier mes parents.

A part ça la chose publique m’était étrangère sinon par la rumeur que les folliculaires de tout acabit me renvoyaient sur le papier que je lisais principalement dans les cabinets, d’aisance avant de me torcher les fesses avec.

Je n’ai jamais aimé ni la politique ni la presse. Peut-être ai je détecté précocement l’enjeu principal de ces deux objets d’indifférence: la manipulation de l’opinion.

Dieu merci avoir une opinion ne fut pas une priorité dans la vie.

C’est venu sur le tard et probablement avec l’oisiveté. On se fait une opinion comme ça je crois par lassitude, parce qu’il en faut bien une. Encore une sorte de costume que l’on enfile pour discuter avec les autres. Un sujet de conversation comme le foot, les femmes, les bagnoles.

Mais aujourd’hui je crois que c’est véritablement un art que celui de se construire une opinion.

Dans la confusion magistrale dans laquelle nous sommes plongés j’attendais hier encore l’artiste qui allait démêler le vrai du faux et installer un peu de clarté dans tout ce bordel.

Je l’attendais hier encore.

Aujourd’hui je ne l’attends plus.

Mon regard a de nouveau changé et mon point de vue aussi.

Je me dis que finalement nous avons eu un espoir qui aura duré bien longtemps, trop longtemps en l’Etat. Nous lui avons accordé bien trop d’importance. Peut-être même qu’à force d’être des enfants nous en avons fabriqué un ersatz de « papa maman » et toute la sainte famille qui va bien avec.

Et nous n’avons donc à nous plaindre de rien.

Et surtout pas quue cet Etat ait fini par investir ce rôle que nous lui avons soufflé progressivement depuis la fosse à purain dans laquelle nous nous sommes ébroués comme des cochons depuis une quarantaine d’années suite aux deux premiers choc pétroliers.

Ceux de ma génération quoique nous disions avons mangé notre pain blanc en toute impunité et en profitant de ces fameuses trente glorieuses de l’après guerre.

Nous sommes les produits de cette société de consommation qui ne savons éprouver de la joie et du plaisir le plus souvent qu’en achetant.

L’achat peu à peu allait servir de palliatif à tant de frustrations.

A toute cette partie inexplorée de nous-mêmes que nous planquions, avec les saletés habituelles, sous un joli tapis acheté à vil prix peut-être qu’à cette fin.

Je me posais la question il n’y a pas très longtemps sur ma propre perception de l’univers politique non sans être étonné de trouver sympathiques Chirac et De Gaulle désormais.

J’ai attribué cela à la médiocrité de ceux qui nous gouvernent depuis ces dernières années mais à vrai dire je crois que j’ai été manipulé probablement comme bien des personnes par la répétition des allusions qu’on en fait actuellement.

Sans doute que les puissances financières qui manipulent les organes de presse comme tout le reste ont des raisons précises pour produire de tels effets dans les cervelles.

Un retour guidé par la nostalgie à d’antiques figures de la « droite » républicaine et laïque qui ne serviront sans doute que de tremplin pour plonger dans le pire à venir, un nationalisme plus que probable.

Plusieurs fois j’ai pensé que je devenais paranoïaque en imaginant que ces puissances obscures puissent être incarnées par de vraies personnes qui tirent les ficelles dans l’ombre.

Peut-être le suis je vraiment, peut-être pas. Le doute subsiste fort heureusement pour éloigner la certitude qui ressemble à ce radeau de la Méduse où tant de personnes cherchent à s’accrocher pour ne pas sombrer.

Cependant je ne peux pas ignorer ce qui m’a tenu en vie durant toutes ces années et qui m’a fait éviter souvent le pire.

La lecture principalement, et l’étude de l’art, l’art en tant que refuge et bouée de sauvetage. C’est grâce à cette attirance pour l’art qui ne provient pas de mes souvenirs scolaires ni d’étudiant, que je ne puis considérer aujourd’hui que comme des impulsions, des velléités, que j’ai pu survivre en traversant l’absurde.

L’art m’a extirpé peu à peu de l’inconscience dans laquelle j’ai vécu dans un sommeil de plomb.

L’art m’a conduit à m’interroger sur moi-même et sur le monde qui m’entoure.

L’art m’a permis aussi de redécouvrir l’émotion. Non pas cette chose insignifiante qui n’est qu’une sorte de reflexe pavlovien au moindre stimuli publicitaire. Non, une émotion juste qui provient de cette réalité de moi-même qui, au fur et à mesure où je la découvrais m’a permise de véritablement exister. Cette réalité que j’ai longtemps mise de coté parce que j’en doutais et que j’en étais honteux le plus souvent.

Aurais je pu découvrir l’art cependant autrement que de la manière dont je l’ai fait ?

En m’éloignant ainsi de nombreuses illusions, de nombreux mensonges, du carcan de la pensée collective souvent étroitement associée à la mienne, en cherchant la discordance j’ai pu modifier peu à peu mes points de vue sur moi-même et le monde qui m’entoure pour quitter justement ce centre illusoire.

Et là, en arrivant à la fois partout et nulle part, en m’excentrant j’ai découvert que l’art est véritablement partout, qu’il ne cesse d’être présent. Il est le présent perpétuel.

A partir de ce constat il suffit alors de récapituler tranquillement chaque scène, chaque évènement, retrouver la stature et les mimiques de chacun des acteurs de cette pièce de théâtre énorme et touché par tout ce que l’on y découvre de splendeurs, applaudir tout simplement.

En illustration une photo prise sur le net avec ce slogan : « laissez nous prier »

Evidemment dans la situation actuelle toutes les chapelles vont faire feu de tout bois

les partis politiques comme les églises de tout acabit sans oublier les grandes surfaces et les stades …

On pourrait laisser accessible les librairies, les bibliothèques et les musées, laisser les artistes exposer.

On pourrait.

Malheureusement ce serait bien trop dangereux. Imagine si tout le monde se mettait à réfléchir… à devenir artiste …. la vraie fin de ce monde serait vraiment là pas de doute là dessus.

2 commentaires sur “L’art est partout

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