Daemons et intrication quantique.

Plongée dans Hésiode en ce moment. Comme une apnée pour ne pas respirer l’air ambiant. Ne pas respirer l’odeur nauséabonde qui monte de ce cloaque audiovisuel permanent. Les travaux et les jours que je suis parvenu à me procurer gratuitement sur l’application Youbox fournit par mon opérateur internet. Je ne suis plus à une contradiction près.

Et puis cette série de podcasts passionnante racontée par Vinciane Pirenne-Delforge directrice de recherche au fond de la recherche scientifique belge ( FNRS) une sommité dans l’histoire des religions, dont tu pourras trouver le lien ici

Une évasion du savoir par le savoir, juste en fabricant de la différence.

Ce que je retiens, qui m’intéresse beaucoup en ce moment concernant la peinture et l’écriture, c’est l’origine de l’intention.

Ce que les anciens grecs pensaient de cette intention c’est qu’elle nous était insufflée par des voies invisibles, par ces fameux daimons ou daemons. Leur panthéon est colossal, il semble y avoir ainsi une quantité incroyable de moyens employés par les dieux, parfois identifiés, nommés par les hommes, susceptibles de produire en eux une intention. C’est à dire en fait une série de pensées , de rêves, d’actions qui arriverait dans nos caboches et qui seraient issues d’une volonté divine.

D’où la notion de destin très puissante chez les anciens.

Notion que la raison des sociétés modernes réfute évidemment.

La raison est une adolescente attardée. Je n’arrive pas à me défaire de cette image en ce moment. Une emmerdeuse qui sait tout. Qui a un avis tranché sur tout. Et l’important n’est pas vraiment l’avis mais surtout qu’il soit tranché. Nous sommes dans l’ère du saucissonnage.

Cela me rappelle ma découverte des philosophes présocratiques autrefois. Cette pensée d’avant Socrate. Cette pensée issue de la nuit et s’y reconnaissant, lui restant fidèle car sans doute encore soutenue par la puissance des mythes.

La raison fuit les mythes car elle les considère comme enfantins ce qui est je crois la fondation même de son égarement.

Je ne crois pas du tout que l’homme moderne et son esprit soit beaucoup plus avancé que l’homme des temps présocratiques. Les mythes sont toujours là mais on pourrait plus parler de mensonges désormais que de belles histoires fécondant l’imaginaire et nourrissant les pensées comme les intentions.

Ce que la raison a produit c’est uniquement de la raison en débarrassant les mythes de leur potentiel créatif. Ce que la raison a produit c’est du mensonge. C’est à dire cette chose insignifiante et bornée dans les limites d’une morale qui n’a absolument plus rien à voir avec l’éthique.

D’ailleurs la raison contre laquelle je m’élève n’est plus qu’un ersatz de raison. La raison des modernes serait probablement risible et facilement friable pour le pire des disciples de Socrate ou de Platon.

On a raison mais on ne sait plus rien. On a raison pour ne pas montrer toute notre ignorance. On veut surtout avoir raison.

Franchement je préfère rêver, et douter, m’égarer mille fois plutôt que de penser avoir raison.

J’adore cette idée de daimon par exemple qui me semble d’une pertinence folle si je la pose à coté de tout ce que je crois avoir compris de la mécanique quantique.

L’idée que les dieux sont impuissants à agir directement par eux mêmes car ils sont dans une autre dimension de l’espace temps, dans ce fameux « Age d’or » cette idée là est fascinante.

Hésiode raconte qu’il y a 5 âges. L’Age d’or, l’Age d’argent, de bronze, l’Age des héros et enfin l’Age de fer.

Ma première interprétation était que ces âges soient dans une suite, dans une continuité temporelle linéaire Comme l’illustration d’un phénomène d’usure, d’entropie. Du meilleur vers le pire.

Cependant dans cette suite il y a une anomalie. On peut remarquer qu’ils sont nommés par un métal, tous sauf un, l’Age des héros.

Cette anomalie n’a pas cessé d’accaparer mon esprit ces derniers jours. Pourquoi cette interruption soudaine, cet élément étranger dans la suite ?

Comment pourrais-je interpréter ça autrement qu’en y voyant un code, une sorte de message laissé par les anciens.

L’Age des héros qu’a t’il de particulier ? Et bien c’est le seul qui permet vraiment de rejoindre l’Age d’or. Le héros par ses actes héroïques gagne aussitôt le retour aux champs Elyséens.

Et qu’est ce qu’un héros aujourd’hui ? Dans ce que j’imagine être cet Age de fer prédit par le poète.

Il faut s’extraire de la notion raisonnable, de la notion moderne qui croit savoir comme je crois savoir de ce que peut être un héros.

Sortir d’Hollywood, et de toute une littérature aussi.

Revenir aux bases, à l’Illiade et l’Odyssée, à Achille, Hector et Ulysse. A Homère.

Je me suis souvenu de ma fascination enfantine pour L’odyssée. Que d’émotions cette lecture m’aura fait traverser… J’ai ressenti la colère, la rage, l’espoir, la déception, la perte des compagnons, le désir trouble pour Circé, l’amour sage et résigné pour Pénélope au retour à Ithaque… déjà enfant par la seule lecture d’Homère l’essentiel était entré dans mon cœur par le chant du poète et la création de cette merveilleuse histoire dans laquelle les dieux et les hommes sont toujours en relation. Dans laquelle la vie toute entière n’est que cette histoire de relation entre le visible et l’invisible, une histoire qui tient debout, une histoire qui dépasse l’entendement et nous évoque quelque chose d’éternel directement dans le cœur.

Souvent j’ai repensé à cette histoire surtout dans des périodes où comme Ulysse j’étais naufragé et que je devais lutter contre des vents contraires. Elle a été pour moi un modèle pour ne pas sombrer dans le désespoir total définitif. Toutes les ruses D’Ulysse pour parvenir à se tirer d’affaire, à résister et à contrer avec l’aide de divers alliés le grand Zeus m’a donné le schéma de tout ce que peut imaginer la raison, l’intelligence en acceptant justement une alliance avec les daemons et les divinités mineures.

Athéna aide souvent Ulysse, elle ne cesse d’intercéder auprès des autres dieux et même auprès de Zeus pour avoir pitié d’Ulysse. Je l’ai parfois associée à une figure maternelle aimante. Mais elle n’est au bout du compte que cette justesse dont je ne cesse de parler ces derniers temps. Justesse et justice, celle dont nous manquons cruellement aujourd’hui.

Tout est symbole et même ma propre mère confondue soit avec Athéna, ou la justesse par l’insistance suspecte de ses mensonges laissés comme un message codé eux aussi.

Sortir d’Hollywood, sortir de la littérature comme on sort à nouveau du ventre de la société pour respirer à l’air libre en criant un Euréka, un Noel, un Hourra, qu’importe pourvu qu’on puisse expirer tout cet air vicié.

En cherchant la définition du terme d’intrication quantique je suis arrivé sur cette page de wikipédia que je copie colle ici en laissant en place tous les liens.

En mécanique quantique, l’intrication quantique, ou enchevêtrement quantique, est un phénomène dans lequel deux particules (ou groupes de particules) forment un système lié, et présentent des états quantiques dépendant l’un de l’autre quelle que soit la distance qui les sépare. Un tel état est dit « intriqué » ou « enchevêtré », parce qu’il existe des corrélations entre les propriétés physiques observées de ces particules distinctes : cet état semble contredire le principe de localité. Ainsi, deux objets intriqués O1 et O2 ne sont pas indépendants même séparés par une grande distance, et il faut considérer {O1+O2} comme un système unique.

Cette observation est au cœur des discussions philosophiques sur l’interprétation de la mécanique quantique. Elle est, en effet, contraire au principe de réalisme local défini par Albert Einstein.

L’intrication quantique a des applications potentielles dans les domaines de l’information quantique, tels que la cryptographie quantique, la téléportation quantique ou l’ordinateur quantique.

Ce que j’en comprends c’est que tout est liée par un réseau invisible dans l’espace et le temps. Que la moindre influence sur la moindre partie de ce réseau est enregistrée dans l’ensemble de ce réseau au même moment et partout en même temps.

Peut-être suis je un peu fou mais je vois dans cet énoncé une mythologie moderne tout aussi valable que la mythologie grecque. elle est simplement repeinte si je peux dire avec des concepts à la mode.

Cependant qu’on parle bien toujours de la même chose n’est ce pas… on parle toujours de cette interaction entre le visible et l’invisible, on parle de simultanéité, de synchronicité… comme autrefois on nommait les daemons ni plus ni moins. Les mots ainsi peuvent changer mais pas vraiment les idées.

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