Résistance et structure

Je suis depuis très longtemps obsédé par la structure de mes écrits. Comment structurer tout ça pour le rendre « présentable »…

Je crois qu’en étudiant le terme de résistance j’ai trouvé une piste intéressante.

La structure ne vient sans doute pas de la pensée, de la volonté, mais de la résistance justement à la pensée et à la volonté.

Quand je pense au mot structure je pense à l’os, au squelette, à l’ossature.

La structure est une contingence de la résistance.

Contingence parce qu’elle n’est sans doute pas nécessaire autant que l’est avant tout cette résistance.

C’est de la résistance au vent que les plantes tirent leur structure, à la résistance à la soif qu’elles plongent dans les sols leurs racines lentement et qu’elles échangent entre espèces.

Tout ce qui vient de la pensée et de la volonté est artificiel dans le domaine de l’art comme dans de nombreux domaines.

Il me semble qu’il suffit juste de résister dans la régularité de tous les jours, de toutes les nuits pour que la forme parvienne à sa maturité, pour que l’équilibre surgisse. Un équilibre qui rejoint l’équilibre global et qui n’a rien à voir avec la symétrie.

Une pointe de blanc résiste parfois à des avalanches de bruns ainsi et crée soudain la structure d’un espace qu’on reconnait immédiatement. C’est ce que j’ai appris de la peinture flamande qui devait résister dans des règles protestantes à l’usage « endiablé » des couleurs.

Oui, ça me semble pas mal pour aujourd’hui… la résistance crée la structure

Mais ce n’est pas conscient et c’est là toute la difficulté, il faut s’engager profondément dans la résistance comme dans l’inconscience , sans doute pour que cela soit évident.