De quoi sommes nous responsables ?

Tout converge concourt vers le mot responsabilité et le monde ainsi se divise encore une fois en deux. Il y a les responsables et les irresponsables.

Mais est ce que cette responsabilité nous la comprenons vraiment ? Est ce qu’elle n’est pas finalement un mot d’ordre auquel on obéit aveuglément, par habitude.

Cela veut dire quoi pour chacun de nous être responsable ?

ça veut dire quoi pour un peintre être responsable de son travail ?

Je crois que pour le peintre les écueils sont à la fois nombreux sur ce cheminement mais comme derrière chaque mal se cache un bien, le fait qu’il y ait autant d’occasions pour comprendre cette notion de responsabilité est immédiatement liée à sa capacité de production.

Plus on fait de tableaux, plus on s’obstine, plus on s’acharne plus le contact avec la notion de responsabilité devient intime.

Et en premier lieu avec la notion d’idée.

Qu’est ce que ça peut vouloir dire avoir une « idée » en peinture ?

Cezanne quand il parlait de l’idée en évoquant les impressionnistes disait qu’il fallait trouver une idée pour que ce soit plus « durable », il parlait de ces complexes d’émotions de sensations avec lesquels il se trouvait perpétuellement en contact face à la Sainte Victoire.

Pour Cezanne l’idée se résumait non pas à la création d’une idée, mais à l’amélioration de sa manifestation et en plus il souhaitait qu’elle soit durable. c’est à dire pour lui que dans le domaine de l’art et de la peinture l’orientation donnée à la manifestation par une série de touches de formes géométriques, d’utilisation de tons et de couleurs en s’appuyant sur le prétexte d’une montagne propose un paradigme qui puisse exister même au delà de lui, en son absence. Quelque chose finalement d’éternel serait évidemment le souhait ultime.

Cezanne ne se vivait pas comme le créateur de ce paradigme. Il en était l’outil à l’œuvre et c’est pour cela que même son meilleur ami de l’époque Zola ne pouvait le comprendre car ce dernier avait un tout autre point de vue, plus égoïste je dirais en matière de création et surtout de notoriété.

Cezanne était timide et habitait mal son propre corps. Il n’était pas bien non plus en société et soudain un « châtré! » ou un « Jean foutre » lui échappait.

Cezanne était de l’exacte constitution qu’il faut pour être un très grand peintre, un explorateur qui ouvre une voie et ce de façon presque inconsciente, de façon irresponsable.

En revanche il était responsable de ses limites et les connaissait parfaitement c’est pourquoi il vivait la plupart du temps comme un sauvage. Il ne se mélangeait pas les pinceaux et avait choisit sa solitude et une montagne pour réaliser son œuvre.

Sans doute qu’à ses débuts il souffrit de sa constitution avant d’en découvrir les avantages, c’est ce travail là qu’il faut oser faire. Ignorer la plainte et la lamentation, trouver les avantages et la clarté. Et à mon sens c’est bien la seule responsabilité utile qu’il faut cultiver dans ce bas monde.

Mais évidemment ce n’est que mon avis de peintre.

Illustration : Portrait de l’artiste Paul Cezanne

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