L’hydre de Lerne

Le deuxième travail d’Héraclès et de tuer l’Hydre de Lerne, un énorme dragon au corps de reptile surmonté de neuf têtes qui vivait dans le marais de Lerne. Cependant pour ce travail Héraclès fut aidé par un compagnon, Lalaos qui conduisait son char et l’aida également à l’aide de brandons à enflammer les têtes qu’Héraclès tranchait et qui repoussaient double à chaque fois. Une fois que le Héros eut tué L’hydre il l’ouvrit en deux pour récupérer son venin. Il enduisit ainsi ses flèches pour les rendre empoisonnées. Cependant Eurysthée le commanditaire des 12 travaux refusa de valider celui-ci car Héraclès ne l’avait pas effectué seul et s’était fait aider

Le cabinet de la psychanalyste que j’étais parti rencontrer ce jour là se tenait dans un vieil immeuble de la presqu’ile, à Lyon. C’était une femme sans âge qui dans sa jeunesse avait dû être belle. De fines pattes d’oies au coin des yeux, des yeux verts, d’une tonalité générale sévère avec un je ne sais quoi de coquinerie tapie près de la pupille, étaient quasiment les seuls signes que l’usure du temps laissait sur elle.

Je lui exposais la confusion qui m’avait conduit à chercher de l’aide. Elle me fit asseoir et durant un bon moment je déballais pèle mêle dans une volubilité qui me parut suspecte tous mes petits problèmes de nombril sur pattes non sans savourer ce petit sentiment de honte mêlé d’un je ne sais quoi de tordu qui me procurait un plaisir trouble.

Aussi me rendant bien compte de son impassibilité, je clôturais mon show avec le désir qu’elle m’allonge.

Vous comprenez bien, dis-je, que je vais pas y arriver assit comme ça tranquillement en face de vous. Je vais vous berner sans relâche et me berner moi-même pendant je ne sais combien de temps, lui avouais je à la fin de notre entretien, ou plutôt de mon monologue.

Ce qui fut dit fut aussitôt interprété par une proposition de trois séances par semaine à 70 euros la séance.

Je crois que je ne m’attendais pas à ce que ce soit si simple , rapide et surtout si couteux , à vrai dire. Mais la dame me dit que j’avais la possibilité de venir encore deux fois la voir gratuitement avant de prendre ma décision finale. En revanche nous resterions en face à face.

Cela me permit en deux séances supplémentaires de voir pousser et repousser autant de têtes en moi-même que je n’osais l’espérer.

L’hydre était bel et bien là en moi, et la psy était une variante de Lalaos assurément qui devait m’épauler pour l’achever au lance flamme si possible.

J’en ris encore bien sur.

C’est comme ça que j’ai renoncé à m’allonger comme d’ailleurs à toute velléité d’analyse par la suite.

Cependant j’avais découvert une chose étonnante avec le danger de me livrer. C’était la facilité à raconter des histoires à dormir debout à cette brave femme comme à a peu près n’importe qui. Intuitivement je m’en étais rendu compte de façon quasi évidente et je cherchais évidemment une solution dans le fait qu’elle m’allonge sur son divan.

L’idée était de trouver ma « vraie voix » de ne plus être en mesure de biaiser sans relâche et de m’enfoncer dans cette solitude que je devais craindre encore beaucoup à cette époque.

Finalement cette démarche analytique ratée est semblable au rejet d’Eurysthée qui ne validera pas la réussite d’Héraclès d’en avoir terminé avec l’Hydre aux mille et une têtes.

Analyser n’est pas jouer, il fallait trouver autre chose.

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