La langue des oiseaux

Soudain une saine colère s’est emparée de moi en repensant à tous ces tritureurs dégoutants qui veulent se mêler de traduire la belle langue des oiseaux. Alchimistes de pacotille, honte à eux, qui ne veulent que paraitre et qui bousillent ainsi l’ars. Ils se reconnaitront sans peine s’il leur reste un peu de ce soi disant or philosophal.

Ne touchez plus ainsi à la langue des oiseaux.

Taisez vous donc.

Ecoutez et savourez seulement.

C’est une source vive, qui part solitaire pour se jeter dans le ru le ruisseaux et dévale la pente jusqu’à la mer en emportant dans son sillage le végétal, le minéral de toute la terre.

C’est un chant léger qui parfois gronde pour éprouver son écho sur les falaises de granit ou de calcaire. C’est l’essence de nos forets qui rencontre la plaine et la colline et leur raconte les monts et les sommets.

Il suffit de se taire et d’écouter pour sentir profondément tout cela sans mot dire.

L’or est là dans cet écoulement et il s’écoule en nous silencieux pour nous ramener à ce moment.

Comme de grandes portes alors s’entrouvrent pour que nous y perdions notre latin, absolument.

Et c’est ainsi que de l’écoulement et de l’instant ce chant d’oiseau nous parle profondément.

Qu’importe de le comprendre ? qui veut se mêler d’expliquer la musique ? Qui veut trahir et traduire ?

La langue des oiseaux est silence chantant le silence à tue tête. L’absurdité du temps et des pensées voilà ses scories.

C’est le tempo du cœur en paix qu’elle nous rappelle.

La langue des oiseaux se fiche bien de tous les maux de tous les toi et moi.

Et pour illustrer mon propos, la dame à la licorne qui en silence dit à peu près la même chose avec bien plus de talent évidemment.