La liberté d’expression

J’ai reçu il y a quelques temps un message d’un des réseaux sociaux sur lequel j’avais l’habitude de m’exprimer en toute liberté. Dans un commentaire, j’ai rappelé une phrase de De Gaule qui déjà en 1968 je crois exprimait son opinion à l’égard du peuple français. Il disait entre autre déçu probablement :  » Les français sont des veaux » et personne à mon souvenir ne la censuré.

Evidemment on ne censure pas le chef de l’Etat, au contraire, on éparpille le plus possible ce qu’il dit.

Accompagnant son message, le censeur ajoute que c’est pour le meilleur confort des utilisateurs que tout propos raciste, malveillant et haineux sera immédiatement censuré. Et qu’à la moindre récidive de ma part je serai puni, banni définitivement de ce fameux réseau.

Dire que les français sont des veaux à mon niveau évidemment n’a pas le même impact que lorsque c’est De Gaule qui le dit, j’en suis conscient, mais de là à me traiter de raciste, de malveillant et de haineux en dit assez long sur le discernement de cette censure aujourd’hui.

De fil en aiguille j’ai commencé par supprimer mon compte temporairement de ce réseau. Et puis je me suis demandé quel lieu d’expression il me restait désormais ? si je ne participe plus aux réseaux sociaux, si je ne conserve que ce blog et mon site est ce si grave finalement ? Je ne cherche pas à obtenir une audience énorme, juste éventuellement des personnes intéressées par mes propos.

Ce n’était pas réfléchir jusqu’au bout des choses.

Quels sont les lieux ou peut désormais s’exercer la fameuse liberté d’expression en France ?

Au café du coin éventuellement si celui ci n’est pas fermé.

Les réseaux sociaux ne semblent pas être adéquates pour s’exprimer en toute liberté, on se heurte rapidement au cahier des charges du « meilleur confort utilisateur ».

Et puis bien sur il y a les algorithmes et leurs critères sans cesse changeant au gré des grands patrons de ces fameux réseaux sociaux, comme de google et de YouTube. Le facteur commun est toujours le confort utilisateur. Il ne faut pas choquer, pas gêner, pas déranger, et faire comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Est ce que la presse est un lieu de totale liberté d’expression ? Pas vraiment non plus, ou alors elle ne l’est que suivant un certain formatage, une ligne éditoriale.

Il ne reste donc pas vraiment grand chose d’autant que la plupart des lieux d’expression soit disant sont de moins en moins français.

La plupart de ces fameux réseaux sociaux sont dirigés outre-Atlantique avec une mentalité outre Atlantique.

Même le blog ou j’écris est d’origine Outre Atlantique.

Je ne sais pas si on se rend bien compte de ça.

Il n’y a que la rue, ou le café du commerce où on peut encore dire merde tout haut et encore, dans la rue cela devient problématique on a tot fait de se prendre une balle en plastique dans la gueule ou un coup de matraque derrière les oreilles

pour un meilleur confort des citoyens si l’on veut.

On se trouve devant un drôle de dilemme finalement soit s’exprimer soit le confort. Enfin s’exprimer comme je l’entends, c’est à dire en disant autre chose que des poncifs, des clichés, et répéter sans cesse des mots d’ordre.

Dans ce cas allons au bout du bout, s’il n’y a plus de lieu de libre expression en France c’est simplement parce qu’il n’y a plus de liberté d’expression tout simplement. C’est pas plus bête que ça finalement.

En revanche on peut dire que la bêtise a ses aises, elle peut péter dans la soie autant qu’elle le désire… personne ne va déranger son petit confort.

Illustration L’État matraquant la liberté, peinture murale de Goin, réalisee dans le cadre du Street Art Festival, Grenoble (DR)