Les banques

Cette crise sanitaire, ces confinements sont probablement les instruments d’un « éveil » pour beaucoup de personnes. Une sorte d’illumination à l’envers si je peux dire. Avec le recul, avec l’interruption brutale de mes cours, de mes diverses prestations dans les associations, dans les MJC, avec les arrêtés préfectoraux et ministériels interdisant les vernissages et les expositions, et donc les ventes de tableaux, j’ai pu regarder fondre la trésorerie de mon compte professionnel au fur et à mesure des semaines qui s’écoulaient.

Ce matin je suis prévenu par email d’un refus de paiement et ce après trois actions menées auprès de ma banque pour éviter ce genre de situation.

La gestionnaire de mon compte devait me « tenir au courant » car n’étant pas décisionnaire pour m’octroyer un dépassement plus large, ni pour m’accorder un prêt elle devait en référer à  » sa responsable ». Et la seule proposition qu’elle me fit lors de ce premier coup de fil fut de ne pas utiliser ma carte bancaire comme si elle s’adressait à un gamin pris en faute par ses parents.

Sur ce compte j’ai des prélèvements de services internet récurrents comme l’abonnement à une plateforme sur laquelle je propose des produits, des hébergements de site, mes assurances professionnelles, ma mutuelle, mon expert comptable.

Aussi suis je à la fois en colère et soulagé en même temps de voir ce rejet notifié dans ma boite email.

Soulagé parce que j’ai prévenu, j’ai fait tout ce qu’il faut normalement faire avec une banque pour la rassurer et dire je suis là je ne fuis pas., et que malgré cela ça ne marche pas.

Soulagé parce que je comprends et c’est là ou je parle d’un éveil, d’une illumination à l’envers, que les banques ne seront d’aucun secours pour proposer des solutions dans cette crise.

Soulagé parce qu’au bout du compte si j’analyse bien les choses les banques ne sont là que pour répondre fiscalement à l’obligation légale d’une entreprise ou d’un particulier d’offrir une visibilité sur ses ressources et ses dépenses.

Tout le reste n’est que du blabla, du charabia publicitaire pour construire une image de marque de façade afin de maintenir la persistance d’une illusion collective.

Est ce l’on peut parler de négligence vraiment ? Est ce qu’il s’agit seulement d’une défection que je peux attribuer à la personne qui « gère » mon compte professionnel. Qu’est ce que ça veut bien pouvoir dire « gérer » un compte sinon une entourloupe formidable encore car elle fait quoi vraiment sinon observer son écran pour voir si je ne dépasse pas ma facilité de caisse et appuyer sur un bouton lorsque ça arrive.

Ces gens là sont payés pour observer et donner l’impression de limites c’est à peu près toute leur utilité puisque lorsque un problème survient elles sont dans l’incapacité de le résoudre avec leur client. Les agios sont leur salaire j’imagine, et tout roule ainsi dans une une inconscience magistrale.

Avant nous besoin des banques vraiment ? surtout en tant qu’artiste ?

Je me souviens qu’une petite dame dans une autre banque et à qui je demandais l’ouverture d’un compte professionnel qui m’avait dit

Ah mais vous être artiste ? Du coup ça ne va pas être possible, les artistes sont sur liste noire chez nous. Ca c’était le crédit Agricole et du coup j’avais aperçu comme dans la pub des placards publicitaires de l’autre coté de la fenêtre, sur le trottoir d’en face. Le CIC attirait le chaland avec de jolies affiches prétextant être une banque différente, une vraie banque qui prend soin de ses clients et trouve des « solutions » à leurs problèmes.

Je ne dis pas que le CIC m’a déroulé un tapis rouge en arrivant. Je n’ai eu droit vraiment qu’au minimum. Pas de découvert autorisé, une carte de paiements limités à 300 euros par semaine et ce fut tout. Mais je m’en fichais j’avais ouvert mon compte professionnel. J’allais pouvoir y faire prélever le loyer de mon atelier à l’époque, l’électricité, l’eau, bref toutes les charges normales d’une petite activité professionnelle.

Cela fait désormais presque 15 ans. Et je n’ai jamais eu de soucis parce que je n’en ai jamais causé. Et il n’y a guère que quelques mois que j’ai demandé une facilité de caisse car durant l’été ma trésorerie est souvent limitée et j’avais besoin de disponible pour payer les frais d’expos, les vernissages notamment et une nuit d’hôtel ou deux lorsque celles ci était loin de chez moi.

Jusque là pas de souci car je n’en causais pas, et j’ai très rarement utilisé cette facilité de caisse de surcroit.

Avec la crise sanitaire j’ai liquidé évidemment le peu d’avance de trésorerie que j’avais et j’ai commencé à voir la facilité de caisse se réduire jour après jour.

Etant « responsable » j’ai pris mon téléphone, j’ai envoyé deux mails et j’ai meme demandé des informations pour le crédit proposé par l’état afin d’aider les entreprises un crédit à faible taux je crois et dont les établissements financiers doivent jouer le role de relais.

Aucune nouvelle depuis une semaine que j’ai effectué la relance à ce sujet.

Qu’ai je comme solution désormais ?

Voir les rejets de paiments s’amonceler dans ma boite email ?

Annuler tout ?

Liquider mon activité professionnelle totalement pour ne plus avoir besoin de tous les organismes qui me prélevents ?

Devenir hors la loi et désormais être payé en liquide par mes élèves ou par les acheteurs de mes toiles pour ne plus avoir besoin des banques ni d’aucun organisme ?

Voilà les pensées qui me viennent ce matin

Je suis à la fois en colère et soulagé comme je le disais, parce que je pense ne pas être tout seul dans cette situation.

Si nous sommes nombreux à nous éveiller ainsi , à découvrir l’absurdité qu’on ne voit jamais dans l’état « normal » où celle ci nous aveugle, alors peut-être que de la voir clairement désormais va provoquer des réactions.

Avons nous besoin des banques vraiment ?

Sinon pour autre chose qu’afin de contrôler ce qui rentre et sort de nos poches aux yeux d’un état, d’une fiscalité dans lequel nous n’avons plus confiance non plus désormais.

A quoi sert toute cette comédie ?

2 réflexions sur “Les banques

  1. Les banques ont besoin de nous pour vivre, à condition que nous soyons rentables… Pour ma (toute petite)activité artistique, je suis déclarée donc je peux facturer, le moins possible, sinon c’est en liquide, ouh la vilaine! Pas de compte professionnel, je me rends compte que c’est le bon choix, surtout actuellement où l’activité est en berne

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