J’ai traversé des lieux familiers

J’ai traversé des lieux familiers

Et puis je suis arrivé ici où tout est étrange.

Ce sont les mêmes lieux pourtant

Mais ce n’est plus moi qui les traverse désormais.

En chemin j’ai perdu la familiarité

Celle que j’entretenais avec moi-même

et qui tissait ce voile invisible.

la familiarité m’aveuglait comme un voile.

Lorsque l’étrangeté a surgit

je l’ai d’abord repoussée

je lui ai dit je ne sais pas qui tu es

Mais il était trop tard

je ne voyais plus qu’elle

Elle était si belle.

Encre Etrangeté Buste de femme format 30x40 cm Patrick Blanchon 2002
Encre Etrangeté Buste de femme format 30×40 cm Patrick Blanchon 2002

J’ai tenté de l’amadouer

de la rendre familière

Elle m’a rit au nez.

Alors pour la rejoindre

je me suis dévêtu de tous mes vêtements

De toutes mes peaux mes muscles et mes os

et je lui ai dit regarde

Plus rien de familier désormais entre nous

Elle m’a regardé enfin

Et sans un mot

Dans un profond silence

L’étrangeté m’a emporté.

A mon retour je me souviens encore de bien des choses

et parfois je peux retrouver les lieux autrefois familiers

Quel joie de voir que rien n’a changé

Si toi m’a dit le vieux cerisier

Alors j’ai planté mes pieds en terre

et j’ai levé la tête au ciel

et je suis resté ainsi un long moment

Une éternité.

3 réflexions sur “J’ai traversé des lieux familiers

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