Instinct.

Elle suppose, c’est son truc. Moi j’agis. Je navigue en solitaire sur l’océan de ses suppositions. Sans autre boussole que le sel qui se dépose sur ma langue suivant le beau temps ou la bourrasque.

Je suis mon instinct et voilà tout. Je ne suis peut-être rien d’autre. Je me confonds avec lui. On ne peut pas nous dissocier. On ne le peut plus désormais.

Je pourrais faire autre chose. Devenir riche à millions, partir sur Mars, explorer le Pérou, ou m’installer sur le bord d’un canal bourbonnais à lancer ma ligne toute la journée ce serait exactement pareil.

Je le sais désormais.

Mon instinct fonctionnerait exactement de la même façon sur l’océan de toutes les suppositions.

Il y a toujours ce genre d’océan à traverser n’est ce pas ?

Surtout en soi-même.

Et pas qu’un seul.

Pour trouver la terre ferme bonjour…

Dans l’il et dans l’elle, tout essayé comme dans le nous, le vous , le ils.

Le je aussi énormément.

horizon incertain huile sur toile 2017 100x100 cm Patrick Blanchon
horizon incertain huile sur toile 2017 100×100 cm Patrick Blanchon

Et puis parfois je m’arrête au tu pour me reposer.

Le tu c’est bien.

Tu veux ou tu ne veux pas, je n’en fais pas un camembert.

Et en fait je m’en fous, je veux dire que cette part de moi qui navigue sur tous les océans s’en fout totalement.

Elle ne jure que par les arabesques que tracent les oiseaux dans le ciel

par le gout du sel

la clarté bleue de l’orage

et la saveur acide des citrons.

4 réflexions sur “Instinct.

Les commentaires sont fermés.