Emetteur, récepteur…

En informatique, on écrit du code dans un langage spécifique que l’on stocke dans un fichier. Puis ce fichier sera envoyé à un récepteur qui va l’interpréter et l’afficher au besoin. Je résume grossièrement évidemment.

C’est ainsi que l’on peut construire une page web par exemple.

Pour que la communication fonctionne correctement il est nécessaire que l’émetteur et le récepteur parlent le même langage. Qu’ils se comprennent mutuellement.

Si ce n’est pas le cas le récepteur renvoie un message d’erreur pour indiquer son incompréhension.

Cela n’a l’air de rien mais, lorsqu’on y pense, c’est véritablement ENORME comme trouvaille.

On n’imagine mal le nombre d’heures qu’il aura fallu pour inventer tout cela et tous les tâtonnements qu’il faudra encore traverser pour parvenir à la fluidité de ce langage, de sa syntaxe, puis, au bout du compte à une forme d’élégance.

C’est la même chose en peinture, en écriture, et dans la vie en général probablement.

Ces dernières 24 heures je me suis plongé d’une façon tout à fait téméraire dans l’étude des fonctions qui permettent de calculer, d’empiler, de faire des boucles, des sélections comme des calculs et un tas de choses encore je le suppute grâce au code Php.

Et au bout du compte c’est tout à fait comme ça que mes pensées sont revenues vers une de mes ex.

J’ai repensé à une de ses répliques fétiches surtout :

« Oh mais je te connais tellement bien…! » voilà par quoi nos entretiens ce concluaient généralement lorsque je me mettais de façon compulsive à ‘additionner, les explications, les excuses, les atermoiements, les esquives, les mensonges pour fabriquer un épais brouillard autour de ma personne alors en difficulté face à celle-ci.

J’écrivais en direct une sorte de code assez peu élégant, il faut bien le dire, que sa cervelle interprétait par

 » je connais la musique » ou encore

 » à l’ouest rien de nouveau » .

Pour finir le « oh mais je te connais tellement bien » était la seule chose qu’elle finissait par déclarer et à me renvoyer.

Retour à l’expéditeur d’une fin de non recevoir.

Une façon de s’amuser avec l’émission et la réception est de ne retenir qu’une fréquence de celle ci… par exemple la couleur et d’afficher un message différent …

Je n’ai jamais bien su si cela signifiait la même chose pour elle comme pour moi mais le fait est , puisque nous sommes désormais séparés , qu’il y a bien eu un moment où nous nous sommes enfin parfaitement compris.

A force de voir s’afficher une erreur on a le choix de se repencher sur le code ou bien d’aller jouer aux boules.

Je crois que j’ai choisi encore autre chose, n’étant pas féru de pétanque, même si je ne me souviens plus de ce que cela pouvait être. Peut-être une autre femme tout bonnement allez donc savoir.

De fait cette femme, mon ex, je m’étais dit un peu décontenancé qu’elle était une véritable tueuse de miracles.

Elle avait le chic pour rendre l’existence terre à terre d’une façon éhontée.

Après son « oh mais je te connais tellement bien » on aurait dit qu’elle me lessivait d’un coup de toutes les données miraculeuses sur la vie et moi-même que j’avais engrangées péniblement au cours des semaines durant lesquelles nous ne nous étions pas revus.

Car évidemment il fallu plusieurs break pour que je parvienne à prendre une décision finale.

Des retours à la ligne innombrables, durant lesquelles je tentais de remettre un peu d’ordre dans ma capacité à formuler des instructions pertinentes.

Hélas le peu que je parvenais à imaginer, le plus petit miracle naissant, elle le balayait d’un « oh mais je te connais tellement bien ».

Ce pourrait bien sur être une histoire triste et ce ne serait qu’une interprétation peu élégante comme il en existe tellement actuellement.

Mon problème si je puis dire c’est que je tiens la notion de miracle comme capitale.

Etre en vie est un miracle, écrire ces lignes après tout ce que j’ai traversé est un miracle, et si vous me demandiez ce qui n’est pas un miracle ici bas, je serais bien en peine de vous répondre désormais.

Car tout, absolument tout de ce que je vois, entends, goute, touche ou renifle appartient totalement désormais à la catégorie du miracle.

D’ailleurs si je devais faire un tableau avec plusieurs catégories je dirais que ce ne serait qu’une façon encore de décliner le miracle et rien d’autre.

Le miracle fabuleux

le miracle formidable

le miracle de tous les jours,

le miracle qu’on ne retient pas bien

le miracle qu’on oublie

le miracle dont on se souvient toujours

le miracle de voir un miracle

etc.

Mais cette femme avec sa petite phrase assassine m’a permis d’en apprendre un sacré rayon sur le miracle et sur la communication en général.

J’aurais pu resté navré ou prostré, dans un état cataleptique profond après un tel dégout ressenti, à me sentir castré de tout miracle possible vous savez…

Et même resté fâché pour finir. Décider de ne plus échanger un seul mot avec la gente féminine car dans ces cas là on a toujours tendance à grossir les choses, à les généraliser comme à trouver des boucs ou des chèvres émissaires.

Mais non, c’est encore un miracle qui m’est gentiment tombé dessus : je n’ai pas pu resté aigri bien au contraire ça m’a même redonné de l’espoir afin de pouvoir découvrir de nouveaux miracles à la pelle… Même si j’ai oublié tous leurs prénoms.

En comprenant cette notion de langage informatique, sa logique, sa précision de même que la limitation, la bêtise coriace de la machine qui ne renvoie les instructions qu’elle est en mesure de comprendre, j’ai beaucoup appris encore.

Sur la communication notamment.

Et ça c’est un miracle car je suis un sacré sauvage dans le fond.

Nous ne sommes pas des machines, nous sommes des être humains, même les femmes…

Hélas à trop côtoyer les machines et la rigueur obstinée de leur langage il se peut que nous fabriquions aussi des programmes du même genre, à la fois terriblement efficaces pour se rendre au supermarché le plus proche en étudiant un itinéraire grâce à un GPS ou pour construire le plan d’une thèse universitaire mais totalement débiles pour échanger avec les autres.

Nous ne savons pas programmer l’émotion ni l’irrationnel, nous ne savons pas programmer le miracle voilà le hic.

La fonction « Oh mais je te connais tellement bien » balaie tout de cet hémisphère du cerveau dans laquelle les miracles ne cessent jamais d’éclore.

On croit « que l’on connait tellement bien cependant ce n’est rien de moins qu’une croyance comme tant d’autres, et c’est là où c’est extrêmement subtil… Et c’est exactement grâce à cette petite subtilité quasi insignifiante que l’on peut rejoindre le miracle à nouveau.

Au bout du compte n’est-ce pas aussi une sorte de miracle que de poser son curseur de souris sur une icone et d’obtenir un écran noir ?

Si on n’est pas trop têtu on peut aussi se lever et s’éloigner un moment pour faire autre chose, des crêpes ou une ballade en forêt et qui sait si , dans celle-ci soudain, on ne va pas rencontrer enfin cette personne, ce miracle qui va nous dire :

« Oh mais je ne sais absolument rien de vous et pitié faisons donc que ça continue ! »

6 réflexions sur “Emetteur, récepteur…

  1. Re Bon jour Patrick,
    Je retiens : « …nous sommes des être humains, même les femmes… » J’adore 🙂
    La programmation c’est l’envers du décor mais on oublie un élément essentiel : l’onde porteuse, le fil conducteur … la vibration élément intégrante et jouissive de la communication … alors on peut me lancer , vibration oui, mais si en face il y a de la mauvaise foi, de la sourde oreille … oui, mais en fait l’autre comprend mais veut jouir différemment des vibrations reçues … 🙂
    Max-Louis

    Aimé par 1 personne

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