Du gras et un truc qui réchauffe

L’ennui est plus difficile à supporter certains jours. L’ennui d’être soi, seulement soi, rien que soi. Alors on se dit que se ruer vers l’autre est une piste. J’ai énormément fait ça. Jusqu’à me mentir tout à fait par cette attention exagérée, louche, portée à d’autres. Principalement les femmes. Un simple besoin de gras et de chaleur dans le fond. A la Joseph Beuys. Avec des souvenirs entêtants de massacres, de guerres que je n’ai pas vécus.

Se ruer dans le moindre interstice pour tenter d’y disparaitre totalement, échapper à tous les atavismes. Mourir entre les cuisses d’inconnues qui resteront des inconnues comme finalement moi-même je resterai aussi cet inconnu. Se mélanger et jouir de l’inconnaissable dans l’inconnaissable. Loin de toute velléité de familiarité ou même d’intimité.

Baiser.

Visage imaginaire 3 Dessin sur logiciel Procreate & Ipad P.Blanchon 2020
Visage imaginaire 3 Dessin sur logiciel Procreate & Ipad P.Blanchon 2020

Avec du gras dans la bouche et dans l’anus, tartinés allègrement, consciencieusement, comme lorsqu’on pratique une opération alchimique, un vieux rite païen.

Puis s’envelopper dans des couvertures grossières la peau nue contre la fibre qui réchauffe et qui gratte tout en même temps. Etre animalement vivant.

Arrêter de jouer la comédie.

Se laisser porter par les voix rauques et les humeurs, devenir dégoulinant de sueur, de sperme et s’attendrir sur les disfonctionnement d’un périnée exhalant des rots, des soupirs émis par un vagin avant de se laisser surprendre par le déluge de mouille d’une femme fontaine. Faire des bonds, sautiller et gueuler joyeusement des riens. Emmerder les voisins.

Dans un Formule 1 de la zone industrielle de Tremblay les Gonesses ça ne s’invente pas. Elle et moi comme des dingues à fabriquer de l’insomnie en spirales sonores. Coups de poings et de tètes dans les murs en carton. Cris de bestioles s’étalonnant entre le pépiement de piaf et le rugissement du jaguar. Jambes en l’air, tête vide, feu au cul. Une dame espagnole bien propre au début que je dus défoncer de multiples fois, dans bien des sens, divers positions, pour parvenir à la faire taire enfin, à l’apaiser quelques instants au moins.

Après le fracas enfin, profiter de cette chaleur humaine, m’en goinfrer égoïstement en silence. Si les femmes sont toutes différentes leur facteur commun est cette chaleur comme une empreinte laissée dans la mémoire de la peau.

A la fin peu importe la femme pourvu qu’on retrouve cette chaleur c’est amplement suffisant. Finalement on se rend compte que tout ce qui compte vraiment c’est d’avoir un peu de gras pour panser ses plaies et une couverture pour avoir chaud la nuit.

Pas étonnant après ça que l’on soit toujours plus ou moins en état de survie, de résistance ou de guerre.

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