Vertige de l’amour

On appelle ça l’amour, mais je préfère le vertige encore. Après tant d’années encore. Cette attention portée au corps enfin. Lui faire oublier un instant qu’il ne sert strictement à rien d’autre qu’être corps. Aiguille fine de la machine à détecter tout mensonge. Courbes en zigzag. Encéphalogramme aux alentours du plat. Fantasme d’huitres et de moules..

Un cul passe, reflex pavlovien de bave. Et à nouveau le vertige d’un regard. Le vertige et la confusion totale, absolue qui provoque séance tenante l’empoignade.

Je te colle au mur et je te pétris ce qui me colle et me pétris par ricochet sans doute.

Sans hésitation surtout.

Laisser aller le corps et tous les gestes, les humeurs en roue libre.

Et par dessus tout j’emmerde les chinois ce coup là avec leur putain de tige de jade qui ne doit jamais ô grand jamais pleurer

pour devenir immortel.

Quelle connerie ma bonne dame que de ne pas succomber à ce vertige du vide. La vie est trop courte savez vous. Clin d’œil goguenard et du doigté surtout !

Pour remplir ce vide hurlant la bourrer

Labourer.

Par tous les temps, la sinécure du paysan.

Sobre en parole la geste auguste du queutard au moment de queuter, d’aller voir la gueuse.

Sinon les trois quart du temps blablabla par ci blablabla par là.

Paroles et paroles de couille molle.

ô vertige de l’amour…

Comptez moi donc fleurette jeune homme que je puisse appréhender de plus près le velouté de votre langue.

Et j’ai aperçu le petit pli soudain, la naissance du bourrelet sur son corps de guerrière et bon dieu ça m’a attrapé par surprise.

Du coup un autre vertige, inédit celui là est advenu, profond comme un paysage épais de Nicolas de Staël ou le laborieux et émouvant carré, infini d’un Rothko. Juste à cause de ce pli, j’allais presque dire un défaut.

J’ai remis la chanson à nouveau et j’ai tendu l’oreille un peu plus. ça m’a fait du bien je crois. Finit les pipes et les descentes à la cave. Au loin absolument toutes les enculades, tous les vas-y, les encore, les c’est bon.

J’ai regardé l’heure c’était la pleine nuit et je me suis dit c’est bon maintenant vieux corps tu peux aller dormir.