J’adore les navets

Hier j’ai décidé de régresser et de m’enfouir dans un navet américain. « Underwater » est une histoire à dormir debout et encore mieux allongé sur le canapé. Un bruit de fond propice à la rêverie. La petite blonde androgyne – Kristen Stewart-aura capté mon attention quelques minutes, relayée par l’apparition incongrue et soudaine de l’acteur Vincent Cassel. Tout se passe sous l’eau et plus on s’enfonce dans le film plus on a évidemment une sensation d’oppression, une suffocation liée bien plus à mon avis au scénario qu’aux 8 tonnes de pression qu’on nous invite à imaginer et qui pèseraient sur l’entreprise de forage de la fosse des Mariannes.

Quand soudain des créatures exotiques s’agitent dans les tuyaux, on comprend que l’auteur est vraiment en panne d’imagination et qu’il nous prend nous public pour des gogos. Une sorte de remake mal fagoté d’un autre film, culte dont j’ai oublié bien sur le nom mais auquel tout le monde plus ou moins consciemment n’oubliera pas de repenser.

Au premier degré c’est décevant un navet.

Hyperborée, 100×100 huile sur toile Patrick Blanchon 2016

Mais si on se hisse un peu plus haut, mettons déjà au second, et que l’on y voit une sorte d’expression de l’inconscient collectif d’une époque, d’une culture, et de surcroit américaine…ça peut titiller 5 minutes les neurones tout de même.

Forer la profondeur des mariannes ( 11000 mètres de profondeur ) c’est à mon sens vouloir baiser Lilith encore une fois. Et évidemment qu’elle ne se laissera pas faire impunément comme il se doit.

Il y aura des effondrements de ferraille, des crissements de métal, de l’hémoglobine et du vomis un peu partout.

Que les bestioles notamment possèdent des dents, vagins dentés voltigeant autour des héros subaquatiques ça ne peut laisser personne de marbre dans les profondeurs brumeuses de notre inconscient.

Tout ça pour arriver à un climax aussi ronflant que soporifique au bout du compte. Un bidule flou immense et dont l’intention de le rendre inquiétant est tellement cousue de fil de pèche rouge, qu’on baille prodigieusement.

Lilith, alias la Terre Mère, alias la nature, alias l’imbitable absolue qu’on cherche à pénétrer par tous les trous quand même se dresse face à un tel héroïsme convenu en ricanant, la gueule immensément ouverte dont on ne voit que quelques dents prodigieuses, mais hélas floues elles aussi.

On se sortira du danger d’être bouffé, scaphandre compris, par une opération pseudo magique. Faire exploser un réacteur nucléaire sous la station de forage… tandis que les rares survivants seront éjectés vers la surface par l’opération d’un deus ex machina éculé en diable.

Dans le fond ce film n’est peut-être pas si loin de la réalité à venir tellement le fantasme de la culpabilité humaine lié à la nature perpétuellement violée nous obsède en tache de fond. C’est sans doute aussi ce qui fait bander ce milliardaire américain d’ailleurs cet Elon Musk qui veut que sa quequette parvienne désormais à atteindre la planete Mars.

On se prépare encore un bon paquet de navets cinématographiques à venir, c’est le moins qu’on puisse dire.

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