Toute puissance archaïque

A creuser l’archaïque comme un cochon à truffe nul doute qu’on s’électrise soudain. Une guirlande lumineuse, quelques cierges accrochés à la queue en tire bouchon du désir retrouvé, tel un ressort prêt à se détendre d’avoir été si longtemps réprimé. Ici se tient la toute puissance. Au bout de la queue, une langue fourchue qui guette la pomme pour la croquer, la dévorer avec le trognon, la peau et les pépins. Sans discernement. On peut bien placer une Eve en médiation ça ne change pas grand chose à la violence de ce désir. Violence naturelle que la raison ne cesse jamais de compresser de comprimer et qui au bout du compte l’exacerbe.

La chrétienté dans son ensemble, comme bon nombre de religions manichéennes, finalement est une arme à air comprimé qui ne cesse , de nos jours encore, de créer l’entourloupette à produire du méchant, du féroce, d’autant qu’on la charge d’interdits, de péchés, de tabous.

Interdire quoi que ce soit c’est aussitôt le proposer en creux. C’est nourrir l’envie, celle de l’enfreinte.

C’est ainsi qu’on éduque et aussi que l’on sélectionne les plus forts. Depuis la nuit des temps rien n’a vraiment changé.

Pour devenir sorcier faut bouffer du tabou à la louche. Ou politicien du scandale, ou financier des pots de vin, et entrepreneur du black. C’est sous entendu tellement qu’il faut être vraiment sourd pour pas l’entendre.

La raison est que toucher à la toute puissance, au fruit défendu rend dingo si on n’a aucun guide, si on y va en amateur.

En politicard ou sourcier du dimanche.

Dans cette époque de tout tout de suite dans laquelle on voudrait gommer le temps, dans une illusion d’éternelle jeunesse, les sexas devraient monter aux créneaux.

Emettre un hola ou un haut là , ô là la la. Devenir taureau ou matador, picador, peu importe, pour rappeler que l’arène est toujours là et que le sang n’est pas de la grenadine, bordel !

Mais peut-être est ce présumer de mes forces. J’ai toujours été profondément égoïste depuis toujours et c’est lié absolument à l’ignorance crasse de mon époque. Sans vouloir jouer les victimes non plus. J’assume cet égoïsme je l’ai déjà dit de multiples fois parce que je l’ai regardé de plusieurs points de vue, divers et variés.

« y a que l’or qui ne disparait pas « . Technique mixte 30×40 cm Patrick Blanchon 2017

Il était temps que les gens devinssent égoïstes à un moment donné du parcours de l’espèce.

Après reste à savoir ce qu’on fait de cet égoïsme. Encore plus de massacres ou de l’art ?

J’espère avoir fait le bon choix tout en n’étant évidemment sûr de rien. Et content encore de cette insécurité liée à la conviction.

C’est cette perpétuelle hésitation qui me garantit de sombrer dans la toute puissance, une fois le fond commun archaïque exploré de long en large. C’est cette hésitation qui étrangement me procure une idée juste de maturité face à toutes les certitudes proclamées qui ne cessent de s’effondrer comme autant de châteaux de sable.

Les sexas aux créneaux… ça m’aura échappé, vous croyez ?

. Comme une rêverie murmurée un peu fort, tout haut. Sans doute quelques remugles, un peu de muscles et d’os qui remuent encore, une fois la toute puissance archaïque traversée.

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