Le recours à l’invisible.

Du surréalisme à l’expressionisme abstrait

C’est la seconde guerre mondiale qui jouera un rôle de pivot. De l’écriture automatique découverte par Breton et les surréalistes, passée au tamis des horreurs et des camps naitra Pollock et son idiome chamanique directement jeté sur la toile.

Quelque chose s’est produit. L’insoutenable. Une caricature en quelque sorte du monde dans lequel nous vivons désormais dessinée par les empreintes de bottes nazies et les griffures aux parois des chambres à gaz. D’ailleurs n’avons nous pas beaucoup appris d’eux en matière de manipulation, de propagande, d’efficacité et de management ?

C’est sans doute d’un tel constat que naitra cette envie furieuse chez les peintres d’après guerre de pénétrer dans l’invisible, dans le désordre et le chaos pour fuir l’ordre inventé par les nazis et qui va perdurer encore jusqu’à nos jours.

Il y a une sorte de prémonition reliée à la colère, au désespoir qui entrainera les peintres désormais à chercher un ordre qui n’a plus rien avec ce que l’on sait désormais par cœur brisé et dans sa chair de l’ordre.

Le peintre se découvre fragment en action et c’est par l’action qu’il peut rejoindre l’immuable, le mouvement.

La peinture surréaliste était encore trop attachée à des notions classiques d’ordre et de beauté. Seule l’écriture est source vive et semble moins mentir, peut-être même emporter vers une vérité qui se logerait proche de l’incohérence et l’enlacerait probablement.

C’est un pari un peu fou. complètement fou si on y pense car le risque à traverser est cette incohérence dont sera affublée la peinture au travers de l’œil public.

Le fragment se pénètre lui même, il s’auto trait en dansant et c’est de l’encre, de la peinture visqueuse qui sort de son pis. Le peintre devient la vache sacrée symbole d’une abondance graphique et scripturale qui se dessine sur grand format.

Peut-être est-ce dans le mouvement, par le mouvement que l’on pénètre dans l’invisible à la manière d’un chamane. Peut-être même imagine t’on une frontière à traverser entre visible et invisible. Au début c’est cette fleur qui attire le bourdon.

Mais le mouvement est maitre et lorsque le fragment peintre se soumet enfin il comprend.

Il n’y a aucune frontière entre visible et invisible comme il n’y en a pas non plus entre l’ordre et le chaos.

Une réflexion sur “Le recours à l’invisible.

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