Travail invisible

La confusion dans laquelle nous avons été forcés plus ou moins de pénétrer comme un pied trop grand dans une petite chaussure c’est celle qui mélange la notion de travail et de loisir, l’effort et l’amusement.

Internet est le lieu de cette confusion par nature. Où tout à chacun désormais se rémunère du temps qu’il passe à fournir du clic et des likes par le plaisir éprouvé au contact de l’apparente gratuité dans de nombreux échanges.

Mais ce n’est bien sur qu’un point de vue superficiel de penser que nous pouvons ainsi donner du temps en échange d’un accès gratuit à toutes ces ressources.

Tout d’abord nous payons un abonnement à l’opérateur qui nous fournit ce pseudo nirvana et ensuite il n’y a pas d’action que nous puissions effectuer qui ne soit désormais l’objet d’une analyse, qui elle même permettra de générer du profit pour les ténors de la toile.

Nous le savons plus ou moins consciemment tous, lorsque c’est gratuit c’est nous le produit.

Ces entreprises géantes qui se partagent les profits du net et qui ne cessent de croitre chaque année de plus en plus, savent créer l’addiction, et sont d’une créativité stupéfiante lorsqu’il s’agit de faire du fric.

C’est un nouveau paradigme qu’elles nous proposent et contre lequel nous ne luttons qu’ à peine, mollement lorsque cela nous apparait un peu trop évident, ou lorsque nous avons le temps et l’envie surtout de nous en préoccuper.

Englués dans ces addictions c’est justement du désir et du temps dont nous sommes de plus en plus écartés.

Il y a un travail invisible qui est une sorte de conjugaison de nos renoncements et de notre dignité devenue de plus en plus dérisoire désormais. Un travail de sape à n’en pas douter.

Fin des dialogues Huile sur toile collection privée Patrick Blanchon 2016

3 réflexions sur “Travail invisible

  1. On choisit notre camp. On est des “créateurs de contenu” qui alimentent la bête mais, oui, nous ne sommes que le produit en tablette finalement. Ou, on se fond dans la masse grandissante des outrés et des indignés, des “éveillés”, de ceux qui voient miraculeusement clair dans les sombres complots, qui confondent le média avec le crachoir, la bavette avec le bavoir. C’est l’Afrique ici aussi. Faut choisir son rang dans la grande chaîne alimentaire avant qu’elle ne nous choisisse. Bonne journée cher ami.

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