Apprendre à vivre et à mourir

On passe un temps fou à vouloir apprendre à vivre, à tenter de s’introduire dans un canevas d’usages, de pensées constitué par la communauté. Celle de la famille, des copines et copains, plus tard du boulot, des couples, des associations, que l’on traverse plus ou moins longtemps. Parce qu’on se dit qu’il faut faire cet effort pour exister probablement. Parce que seul on a cette impression de n’être pas au monde totalement. Parfois ça marche, d’autres fois non. Tout dépend de notre capacité à croire en la confusion que forment la réalité, l’illusion, la vie et la mort.

Mais une fois que l’on éprouve la solidité de cette illusion, que l’on sait que cette existence là est à coté de quelque chose de plus profond, qu’on ne saurait nommer vraiment, une fois que le doute s’est installé, difficile de faire marche arrière. Souvent il ne reste guère autre chose que de dévider l’écheveau de nos mensonges, d’un mensonge collectif, Il ne reste qu’à désapprendre.

Dessin sur logiciel Procreate Patrick Blanchon 2021

Cela peut se produire à n’importe quel âge, il n’y a pas de regret particulier à entretenir là dessus. Le regret est encore un lien avec les mensonges que l’on ne cesse de s’inventer.

Apprendre à désapprendre requiert une bonne dose de ténacité et du dégout. Beaucoup de dégout de soi, des autres, du moins au tout début, c’est une sorte de carburant qui nous aide à nous propulser hors du cercle, hors de l’atmosphère, un simple étage dont on se déleste pour que la capsule continue son chemin a travers l’espace sidéral.

Puis tout le carburant épuisé, on déplie ses antennes et on commence à faire confiance à sa propre nature. Et ce qui est fabuleux c’est que ça fonctionne. On ne sait plus à ce moment là d’où provient l’énergie qui nous aide à continuer, et pourquoi s’en soucier ? Cela ne sert à rien non plus.

En tous cas quelque chose d’unique est là on ne peut pas l’ignorer. On ne peut plus l’ignorer. Derrière le je que l’on emploie il y a bel et bien cette force. Cela non plus on ne pourra plus l’oublier.

Sauf parfois, les jours où on fera machine arrière, où l’entropie s’occupera de notre prétention, de notre orgueil à bon escient.

On reviendra vers l’autre, vers tous les autres, et le mensonge en étant au fait de celui-ci. En ayant compris sa nécessité, son fondement ontologique.

On aura appris à vivre et à mourir en même temps, la vie sera plus paisible où plutôt nous serons plus paisibles tout simplement, dégonflés de notre ancienne importance.

Notre fragilité sera force, notre vulnérabilité source.

3 réflexions sur “Apprendre à vivre et à mourir

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