Pas besoin d’être content

Souvent j’ai peint des trucs qui, avec le recul me semblent vains.

Je les planque, les enfouis, comme des hontes. Je n’en suis pas content.

Et c’est souvent aussi lorsque par hasard un visiteur arrive et explore les piles de toiles, les cartons, les archives qu’il pousse des oh et des ah, tout un tas de petites onomatopées sensées exprimer l’admiration.

ça me fait drôle à chaque fois.

Ce qui ne me plait pas à moi ça plait à d’autres c’est d’ailleurs assez souvent comme ça.

Aussi pour résumer j’ai fini par faire comme Diogène avec son bol qui l’a jeté en voyant un enfant boire juste à même les mains.

Le résultat final de chaque peinture, pas besoin d’être ou non content.

Et plus ça va plus c’est ainsi chaque jour des choses naissent et meurent dans l’atelier, comme des fruits

mort humide, mort sèche

mais peu importe les résultats les énervements, la joie comme la tristesse

l’essentiel n’est pas dans un résultat

il est dans l’obstination de recommencer tout le temps.

Non il n’est nul besoin de s’accrocher à cette idée d’être content ou triste de ce que l’on fait.

On le fait du mieux qu’on peut à cet instant, comme on le peut

et c’est déjà largement suffisant.

huile sur papier 36×48 cm Patrick Blanchon 2021