La rareté

La rareté est une fille de rien qui cache ses trésors sous des haillons

c’est pour ça sans doute ce mépris cet intérêt pour les souillons

De la part des prétentieux des parvenus, des imbus, des perdus.

tous se fabriquent des idées de ciel clair, de transparence des nues

D’esclaves agitant des feuilles de palme, au dessus de leur front brûlant

De nichons en pomme, en poire, tout un marché bourré de chalands.

Et des culs oblongs, en forme de fusée pour sidérer le temps.

La rareté s’ignore et c’est dans le bel oubli qu’elle court les pieds nus.

Légère de sa jeunesse folle, ivre d’un rien, dans l’ombre des fortifs.

Certains l’appâtent au fric, au miel, tandis que d’autres tendent du rosbeef.

Elle leur sourit trois petits tours et puis encore s’enfuit

ça les agace ça les énerve, elle laisse derrière elle la ruine et l’ennui.

C’est qu’ils savent au fond d’eux mêmes ce qu’ils lui doivent.

Ils l’ont abandonnée un jour en voulant faire le zouave

Devenir plus ceci plus cela ce temps perdu en sens inverse.

C’est qu’il se souviennent en la voyant, d’illusions ils se bercent.

Mettre la main dessus la dévorer toute crue, l’achever jusqu’au bout.

Pour être enfin tranquille sans regret sans remords troulala itou.

Ceux là ils s’imaginent que ça ramènera le sel, à la vie le vieux bon gout.

Huile sur toile 70×70 cm Mai 2021 Patrick Blanchon

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