Lourd et léger

La pesanteur est venue, elle était grasse,

plantureuse, avec une langue

reliée à toutes les évacuations.

Les égouts et les dégouts.

Mais je ne suis pas parti.

J’ai tourné la chaise

pour placer mes bras croisés sous mon menton.

J’ai regardé la pesanteur danser.

Elle allait et venait à petits pas tout droit sortie d’un Botero.

Sous le regard de l’autre que j’étais, la pesanteur a prit ses aises.

Et j’ai découvert qu’elle avait un peu de tout et même de l’humour.

Et puis j’ai aperçu la légèreté.

Et je me suis mis bêtement à comparer.

Sa taille fine, ses traits graciles,

son élégance naturelle et sa simplicité.

Sous des dehors sophistiqués.

Je me suis mis à hésiter.

Entre le profond et le superficiel

Entre le noir et le blanc

entre le vulgaire et le grossier.

Entre la baise et la tendresse.

J’ai mis mon doigt un peu partout

pour gouter l’acide et le sucré

Pour choisir ce que je préférais.

Au final je ne sais toujours pas laquelle je préfère.

Je crois qu’elles sont toutes deux ambivalentes et solidaires

comme deux moitiés disjointes

la nuit et le jour

seul l’œil ouvert qui ne cille plus

peut reconstituer leur unité.

Huile sur toile collection privée Patrick Blanchon 2012

Une réflexion sur “Lourd et léger

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