Galères esquifs et vaisseaux

Sur la route encore ce besoin de curiosité comme un muscle à entretenir. André Dubois l’auteur du blog traficmania a mis en ligne un nombre considérable de vidéos dans lesquelles il parle de son expérience du blogging. J’écoute et je suis tour à tour fasciné et perplexe. Fasciné car il y a évidemment un savoir faire indéniable et une expérience riche transmise dans ses propos. Perplexe parce que je suis probablement incapable même si je le désirais de mettre en œuvre le moindre des conseils qu’André propose.

C’est une vision du blogging à laquelle je m’intéresse depuis plusieurs mois parce que je voulais mettre en place des cours de peinture en ligne. Comme je ne savais pas comment m’y prendre j’ai commencé à suivre des blogs dans la même thématique mais j’avoue que ça m’a assez vite gonflé.

A bien réfléchir cela m’a gonflé parce que je n’ai probablement pas besoin de cours de peinture. Que je les ai suivi dans l’espoir de découvrir un contenu qui m’accrocherait. Mais je ne suis évidemment pas le client idéal de ce genre de site.

Ce qui me fait rebondir sur ce blog , le mien, qui ne sert à rien selon la vision d’André Dubois. C’est à dire qu’il ne part pas d’un problème à résoudre, d’une niche, d’un positionnement et d’une envie plus ou moins bien déguisée de faire des ronds.

Parfois je me dis que je perds mon temps à écrire tous ces textes qui ne seront lus que par une poignée de personnes. Mais j’ai depuis longtemps passé le stade d’attendre des compliments, pas plus qu’un message provenant d’un éditeur, et même l’idée de créer des recueils comme je l’ai déjà fait pour « propos sur la peinture » me semble dérisoire à présent.

On fait des choses selon les buts que l’on se fixe. Et comme je n’ai à proprement parler pas vraiment de but de départ sinon peut-être m’exercer à une constance d’écrire sans plus, il est logique que je n’en retire que ce que j’ai demandé à ce blog.

Des centaines de textes sur les deux ans et demi d’existence du site qui me laissent une sensation parfois pénible d’inutilité tout en me révélant justement un désir de l’être, utile.

En même temps que mon esprit plutôt libertaire se réjouit de cette défaite de l’utilité.

C’est une vision sans doute naïve utopique du blogging que je me suis forgée. Une sorte de prétexte finalement pour pouvoir pondre tous ces textes.

Un grand brouillage de pistes comme j’en ai l’habitude et qui m’aura permis de mettre à plat ma vision de la fiction de façon sans doute maladroite la plupart du temps parce que l’habileté comme en peinture me semble un danger.

Ce qu’il m’est de plus en plus vital c’est cette maladresse. Ce que tout le monde appelle ainsi sans vouloir s’y arrêter.

Le fait d’animer des cours auprès de jeunes enfants depuis une vingtaine d’années désormais m’a rendu humble concernant les catégories de l’habile et du maladroit.

Rebelle je l’étais de toutes façons dès le début mais je ne savais pas quoi faire de cette rébellion vraiment à part me rebeller.

C’est le fait de donner, de partager qui a changer le contenu et le sens de cette rébellion primordiale.

C’est aussi l’obligation de clarifier afin de transmettre l’information le plus efficacement possible qui m’a conduit aussi à rédiger des notes au départ.

Quand j’ai ouvert ce blog je ne voulais parler que de peinture et du quotidien du peintre que je suis.

Et puis avec le temps je me suis aperçu que cela ne pouvait pas se faire si facilement, et peut-être aussi que je ne désirais pas non plus la facilité.

Bref j’ai exploré ce « je » ce « moi » sur de nombreux tons sans doute pour en rire au début, un peu par dérision jusqu’à ce que la sympathie au bout du compte finisse par arriver et que le sourire gomme ce rire sans doute trop exagéré, un rire malheureux.

Ce qui est étonnant c’est aussi la découverte d’autres blogs , d’autres bloggeurs pour lesquels j’ai découvert des affinités, de l’amitié et même de l’admiration et de la tendresse.

En fait c’est comme un voyage en bateau, un rassemblement d’embarcations vers on ne sait où l’ensemble de ces blogs auxquels on s’abonne et que l’on suit parfois de près, parfois de loin, que l’on perd de vue et qui soudain disparaissent ou ressurgissent.

Oui j’ai pensé à des galères des esquifs et des vaisseaux, toute une flotte voguant vers un monde, chacun le sien au fond mais dont la somme de tous fait un au final.

C’est une belle expérience.

A coté de celle ci je me dis qu’il est possible d’en vivre d’autres parallèles.

D’ouvrir un nouveau site spécifiquement dédié à la peinture, pour répondre à des problèmes concrets que les peintres débutants ou confirmés peuvent rencontrer et dont ils cherchent la ou les solutions.

Je me dis que j’ai encore envie de faire tellement de choses que c’est surement un genre de bouée que je me cherche pour ne pas accepter la vieillesse.

Et d’un autre coté si la bouée existe c’est bien qu’elle est utile.

Je crois qu’il faut souvent en revenir aux bases pour ne pas se perdre, pour ne pas perdre le Nord.

Qu’est ce que je veux vraiment ?

J’aime partager aider apprendre enseigner c’est de ces choses dont je tire ma subsistance pour la plus grande part bien plus que de la vente de mes toiles.

Parfois il arrive que l’on se trompe de talent ce qui n’est pas bien grave non plus à condition que l’on ne s’obstine pas.

Par contre ce qui est chouette c’est de naviguer la nuit sous les étoiles et d’apercevoir ça et là la silhouette d’une autre embarcation se découpant dans le bleu marin.

Quels que soient les buts les rêves les talents, on peut s’accouder au bastingage quelques instants allumer une cigarette et faire un petit signe de la main à ces voyageurs que l’on croise : bloggeurs, baleines et dauphins.

Et puis pour en revenir à André Dubois ce n’est pas parce que sa façon de blogger est à l’opposé de la mienne qu’il ne m’intéresse pas. Je dirais même que c’est tout le contraire.

Départ de Vasco de Gama

Bonus : une émission de France inter m’a inspiré ce texte qui parle de Vasco de Gama et de l’expansion Portugaise au 16ème siècle.

2 réflexions sur “Galères esquifs et vaisseaux

  1. Chez nous, dans la belle parlure des gens du Saguenay, les gens disent “à cause”. À cause que tu blogues de même? Hallucinant de voir la question se rejouer tous les jours dans toutes les gammes sur un blogue ou un autre. Ça doit faire partie de l’acte de bloguer de se demander pourquoi on le fait. Mais, oui, les rencontres, les saluts de la main entre tous ces drôles de capitaines accrochés à leurs radeaux errants qu’on croise. À cause de ça.

    Aimé par 1 personne

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.