La critique d’art

Je ne sais plus où j’ai lu ça mais comme je ne suis pas critique d’art ni universitaire vous comprendrez mon absence de référence. Et puis si je cherchais à obtenir la moindre crédibilité je m’appliquerais un peu plus. Ce qui n’est pas le propos. Je voulais dire que la critique d’art est un peu dans la mouise. Ce qui me fait penser à ça c’est la grande solitude de ce type bien mis qui tentait de parler de je ne sais plus quel peintre ( excusez me rappelle plus non plus )

La salle était presque vide à part un SDF qui avait trouvé refuge là pour se reposer, deux ou trois dames bien peignées, un employé de bureau et moi-même, toujours perdu dans mon errance.

Le type en question était critique d’art c’était noté sur l’affichette. J’étais en pleine velléité de me goinfrer de connaissances cet hiver là. C’était probablement pour cette raison que j’étais rentré.

Et au moment où j’ai commencé à éprouver un petit début de compassion pour lui, j’ai bien peur d’avoir été soudain diverti dans mon élan par une sieste inopinée, un peu comme lorsque j’ouvre la télé.

Il faut dire qu’il avait tout bien fait pour je sombre dans les bras de Morphée. Il avait apparemment une telle trouille de donner son avis personnel, subjectif comme on dit, qu’il n’arrêtait pas de s’entourer de références, à l’histoire, aux différents mouvements picturaux, avec des noms , des dates et des lieux sur lesquels il enchainait moult digressions. Le truc soporifique à souhait.

Les dames bien peignées avaient l’air de boire ses paroles comme du petit lait. Avaient l’air mais ce n’était qu’apparence car l’une après l’autre j’ai bien vu qu’elles roupillaient les yeux ouverts.

Le type n’avait rien d’un symbole sexuel.

On aurait bien dit que tous nous nous étions fourvoyés de concert.

Le seul qui était vraiment là pour quelque chose c’était le clodo qui ne ménageait pas ses ronflements ce qui donnait à l’atmosphère quelque chose d’irréel je peux vous le dire.

Une fois mon petit somme terminé et après avoir quitté la salle en catimini je suis allé m’installer dans un café pour réfléchir à ce qui venait de se passer.

Je me suis dit que la critique d’art était certainement dans une putain de mauvaise passe.

Du coup en revenant chez moi j’ai tapé sur Google, faut bien se défouler un peu, et je lui ai demandé quelques mots clefs comme par exemple histoire de la critique d’art parce que je ne voulais pas rester sur une mauvaise impression.

Je vous passe les détails, les références, inintéressantes à souhait si vous êtes venu là pour vous détendre.

On pourrait diviser la critique d’art en trois genres approximativement.

Celle subjective, généralement rédigée par des écrivains en devenir qui cherchent à gagner leur croute tout en jouant des coudes pour se faire connaitre.

Celle scientifique où la référence est reine, et vis à vis de laquelle si on n’est pas soi-même un érudit on ne pigera pas grand chose.

Et puis celle journalistique, établie par les folliculaires de tout acabit qui jonglent entre les élections municipales , les faits divers, les kermesses et les chiens et chats écrasés. Ceux là non plus ne sont pas érudits pour deux ronds et ça ne les intéresse pas de le devenir non plus.

Ils veulent juste noircir du papier pour être payés et que l’on continue à faire appel à eux pour couvrir des expositions de village, de quartier , ce qui leur permet en outre d’assister à des pinces-fesses, des mondanités tout en sifflant quelques verres et en se bourrant de petits fours.

Cela fait plusieurs fois que je tourne autour du pot. Ecrire sur des peintres. J’y suis même parvenu. Quelques textes à peine. Avec beaucoup de difficultés en amont je dois bien l’avouer car je me pose à chaque fois la question du pourquoi.

Pourquoi écrire sur un peintre moi qui ne suis en aucun cas qualifié pour le faire. Je ne suis pas critique d’art. Personne ne me paiera pour le faire non plus alors pourquoi ?

Pour faire comme Baudelaire, me faire connaitre ? Bof j’y ai réfléchi j’ai passé l’âge.

Pour me faire des potes ? bof ça non plus ce n’est pas suffisant à mon avis.

Je dirais que ce sont plus de petits exercices que je me donne comme je donne des exercices de peinture à mes élèves.

D’ailleurs je le dis, je le répète à tout bout de champs. Ne faites pas des œuvres d’art ce n’est pas le but ici , vous êtes là pour faire des exercices détendez vous donc.

Pour le plaisir de savoir si je peux y arriver. Une sorte de petit challenge que je me donne. Evidemment pas n’importe quel peintre. Il faut que j’éprouve un minimum d’empathie. Que je parvienne à pénétrer dans la peinture et que celle ci m’apporte quelque chose. C’est tout à fait égoïste avant tout.

Cette lubie comme bon nombre dans lesquelles j’ai plongé offre toujours un second effet comme les bonbons kisscool.

Cela me permet de mettre un peu d’ordre dans le capharnaüm de mes idées sur la peinture, de m’approcher un peu plus d’une clarté au fur et à mesure que je tente de mettre la confusion en mots.

Ce faisant parlant d’un autre peintre je ne parle évidemment que de moi sans que je ne le sache au préalable. C’est une sorte de diversion qui passe par l’autre pour me ramener à moi-même, ou plutôt à la peinture. A ma façon de considérer la peinture.

Cela me fait réfléchir au pourquoi comme toujours.

On devrait apprendre ça à l’école des le plus jeune âge. J’imagine que l’on gagnerait un temps fou à se poser d’emblée des questions sur ce fameux pourquoi.

Possible que justement on ne nous l’enseigne pas à bon ou mauvais escient.

Si les gens passaient du temps avant toute action à se demander pourquoi ils veulent la faire, il se passerait sans doute beaucoup moins de choses.

Et puis aussi partir avec une idée claire de ce que l’on désire n’est pas du tout un gage de réussite, cela signifie que l’on écarte d’emblée les aléas. Or ce sont souvent les aléas, les accidents qui créent la saveur et l’amertume de l’existence.

Enfin c’est que j’ai découvert, c’est la poésie qui me convient.

Peut-être que ce n’est pas anodin que ce soit justement des poètes, des écrivains que j’aime lire lorsqu’ils parlent de peinture et de peintres.

Pour la poésie tout simplement.

Baudelaire critique d’art

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