La banalité du mal.

C’est une accumulation de faits recueillis par l’observation et qui contraste avec l’a priori de l’imagination.

Comme si l’une ne pouvait exister sans l’autre.

Imaginer ce que peut-être un nouveau cours de peinture, un nouveau professeur, et toutes les œuvres qui découlent spontanément, sans effort de cette rencontre.

Puis se retrouver tout à coup devant la feuille, la toile, totalement perdu, privé de la béquille, du confort, de la sécurité des habitudes.

A se demander qui est vraiment responsable.

Est ce soi-même et l’excès d’imagination, ou bien le professeur et son système de communication forcément mensonger.

D’où le trouble qui s’aggrave de plus en plus à chaque séance.

Cette impression de se faire avoir contre laquelle on lutte à peine

et pour finir dans laquelle on se réfugie pour ne pas avoir à se remettre en question.

quelque chose de banal comme lorsqu’on se trouve dans les rayons d’un supermarché devant tous ces produits qui se ressemblent.

Ce qui nous fait choisir est un mystère se dit on. Et souvent on s’accroche au même pour éviter l’espoir et la déception.

Changer de cours de peinture n’est pas une petite affaire.

Elles sont deux à tenter l’aventure.

Deux femmes d’un certain âge. 10 ans qu’elles se rendent dans ce cours de peinture qui aujourd’hui fait naufrage en raison de la crise sanitaire.

Elles sont en quête d’une ile. Pour continuer à poursuivre le plaisir de peindre chaque semaine. Pour continuer à faire la même chose.

Ce qui est à la fois compréhensible et totalement saugrenu.

Humain.

Avec le prisme en prime du regret, de la nostalgie, du « c’était mieux avant », elles se mettent en quête.

Me voici donc posé sur la ligne d’horizon.

vous avez encore de la place ?

Et les voici l’une après l’autre qui débarquent à l’atelier.

Derrière quoi se cache t’on une première fois ?

La timidité pour l’une, et la réserve pour l’autre.

Je ne sais pas ce qu’elles sont venues chercher ici, je tâtonne.

qu’elle est la complémentaire du jaune ?

Silence.

10 ans de peinture à l’huile et rien sur les complémentaires. bon.

Dans un sens ça me soulage. Il va encore une fois de plus falloir tout reprendre.

Ici je tiens à vous le dire pour bien enfoncer le clou, vous ne ferez pas d’œuvre d’art.

Mais des exercices.

Silence gêné.

Rire à peine étouffé des anciens.

Je tâtonne encore un peu pour le plaisir.

Parlons la même langue si vous le voulez bien : qu’est ce que c’est qu’une valeur ? Le contraste ? la profondeur ?

Comme ça je suis sûr pour de bon.

Nous voici posés comme totalement étrangers. Ce qui après tout n’est jamais un mensonge.

Il va juste falloir prendre le temps.

Le temps d’apprendre à parler une langue commune.

Elles n’ont pas le temps. Je crois qu’elle ne pensent même pas à toutes ces choses.

Elles veulent savoir où elles vont avant tout.

Je ne le sais pas moi-même comment leur mentir ?

Elle vont le dire à chaque séance.

Accompagné de milles nuances

Je ne sais pas où je vais,

je suis perdue.

ce n’est pas beau.

Et au bout du compte elles repartiront en se disant je me suis trompée, ce n’est pas le bon.

Et je me dirai bien sur que c’est dommage qu’elles n’aient pas laisser un peu plus de temps au temps.

Que leur impatience à se rassurer pour se dire ouf c’est le même on a eut chaud était l’intention profonde du renoncement à venir.

Du coup je suis peiné, je me dis tu aurais pu faire un peu plus attention à ces deux nouvelles.

Et puis je me souviens que je vais bientôt avoir 62 ans, que le temps à moi aussi m’est désormais compté.

Que je n’ai plus tout ce loisir à me culpabiliser, à me plaindre à me lamenter à foncer tête baissée dans cette banalité

qui dit-on appartient au mal, qui en est l’estafette.

Je n’en ferai pas une théorie pour l’avenir. Je ne suis que peintre, mon boulot est juste l’observation j’ai appris avec le temps à rester à ma place.

Visage imaginaire

2 réflexions sur “La banalité du mal.

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