Tirer partie de l’autisme.

Avant, j’étais une simple mouche, je cherchais la sortie. C’était une vaste pièce aux parois vitrées et je me cognais régulièrement le nez sans jamais trouver la porte. Entre deux collisions j’ai inventé la pensée, j’ai inventé l’imagination.

Et puis un jour j’ai décidé aussi de rire de tout ça. J’ai décidé d’être professeur de peinture.

J’ai fabriqué une jolie pancarte et j’ai attendu en continuant bien sur à buter de vitre en vitre pour passer le temps.

Comprenez que je ne peux faire autrement, j’ai découvert depuis peu que mon état porte un nom.

Je suis autiste.

On ne peut pas vraiment dire que c’est une maladie. C’est plus un état comme je le précisais.

Et si je dis qu’avant j’étais une mouche, je n’ai pas changé vraiment de morphologie suite à ma découverte.

J’ai juste peint sur mon front une palette et quelques pinceaux pour avoir l’air d’un professeur.

Et au bout d’un moment j’ai suscité la curiosité chez les autres.

Ils sont venus les uns après les autres s’asseoir ici dans la même pièce.

J’ai partagé mes couleurs et mes toiles avec eux.

Mais ça ne pouvait pas être une plaisanterie. ça non. Il fallait que ça ait l’air sérieux.

J’ai dit 50 euros au début. j’avais bien remarqué comment l’argent rend tout sérieux.

J’ai vu passer des tas de gens. pas assez de doigts aux mains et aux pieds pour tous les compter.

cela s’est ébruité, s’est propagé.

Et comme je ne savais rien faire d’autre finalement que de me cogner le nez aux vitres, j’ai reproduit ce modèle, j’ai enseigné ce modèle.

Prenez donc une feuille blanche ou une toile blanche

Et cognez vous le nez également.

Tout le monde n’a pas rigolé.

Mais quand même je ne peux pas dire que ce fut un échec total.

Il y a même eut de jolies réussites.

A force de répéter la même chose une Energie nait d’on ne sait où. Le feu nait.

On a commencé à dire que j’étais professeur, je n’étais pas une simple mouche. C’était assez flatteur mais je connais aussi la dureté des flatteries, je me suis cogné longtemps la dessus aussi.

Cela m’a permis de manger, de vivre c’était déjà pas si mal.

Ils peuvent bien dire ce qu’il leur chante.

Moi je sais que tout cela n’efface pas la pièce ni les parois vitrées ni même le simple fait que je sois une mouche.

Ni les bosses.

J’ai juste accepté tout ça à force de répéter

Il faut bien tirer partie de se que l’on est, autiste, peintre ou mouche peu importe.

collage

5 réflexions sur “Tirer partie de l’autisme.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.