Japonais sans le savoir.

Vous savez, parfois on pense inventer quelque chose, je veux dire que l’on pense être un pionnier dans un domaine, mais ce n’est rien d’autre que de la prétention, de l’ignorance, de l’orgueil et surement encore bien d’autres choses encore.

Ainsi cela fait des années que je prône la maladresse comme source en dessin et en peinture et voici que je tombe sur ce mot japonais d’ETEGAMI. L’art de dessiner et peindre sans craindre d’être maladroit.

Mon ego évidemment en a prit un coup derrière la carafe en premier lieu. Puis j’ai rigolé. De fait je suis plutôt spécialisé dans l’art de réinventer sans cesse la roue, voilà tout.

Et en même temps n’est-ce pas rassurant de se dissoudre ainsi dans quelque chose de plus collectif, de quasiment universel ?

Et puis à quoi servirait la fierté dans tout cela ?

Ce serait évidemment se tromper encore une fois de plus sur ce qu’est véritablement l’art en général.

L’art c’est de plus en plus pour moi une sorte de relais d’informations que l’on se transmet à travers des formes, des émotions, voire des concepts.

Et évidemment il faut accepter de n’être seulement que le maillon d’une très longue chaîne, ce qui n’est pas évident lorsqu’on est jeune.

L’âge a bien des défauts mais il possède aussi cette qualité d’apprécier la relativité de nos jugements, de nos engouements, de nos victoires comme de nos défaites.

D’un autre coté il n’y a pas de fumée sans feu.

Il m’est arrivé de nombreuses fois de penser que j’avais eu sans doute des vies innombrables, évidemment encore par vanité.

Parmi celles ci revient souvent l’image d’un vieux moine zen au regard de gamin qui me sourit avant de léviter doucement et de disparaitre derrière les nuages.

Dans le fond peu importe que ces vies antérieures existent ou pas me suis je dit puisque le but est bien moins de se survivre que de vivre et surtout de partager, de semer aux quatre vents tout ce qui me passe sans relâche par l’esprit.

Non pas que je m’accorde une importance considérable mais je crois dans le hasard de plus en plus désormais, à l’ouverture vis à vis de ce que nous appelons le hasard.

Tout m’est venu par le dessin et la peinture c’est ma seule éducation authentique. Les valeurs véritables que sont la justesse, la liberté, l’audace et le détachement.

Par la maladresse acceptée j’ai fait comme les saumons, j’ai remonté les fleuves, les rivières, les ruisseaux.

Je vois de plus en plus clairement la source sans toutefois avoir heureusement cette vanité de me confondre en elle.

Il faut vivre sa vie, être ce que l’on est, c’est à dire suivre le cycle des éléments dans le bon ordre. Le plus difficile mais aussi le plus passionnant étant de trouver justement cet ordre.

aquarelles sur carnet

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