Fleur bleue

Bien sur je tiens absolument à conserver mon coté « fleur bleue » même si vous considérez que c’est ridicule, inconvenant, tout ce que vous voudrez.

C’est pour l’entretenir d’ailleurs que je regarde certaines séries sur Netflix.

La dernière en date une série espagnole dont la traduction doit ressembler à « si je ne t’avais pas rencontrée »

C’est l’histoire d’un homme qui imagine que sa négligence est la cause d’un accident de voiture dans lequel il perd sa femme et ses deux enfants. Il décide d’en finir et au moment où il s’apprête à enjamber le parapet d’un pont pour se faire écrabouiller par un train, il rencontre une vieille femme étrange qui lui propose un deal, celui de voyager dans des univers parallèles.

chaque décision dans notre vie crée des univers parallèles qui permettent d’explorer toutes les versions de celle-ci.

C’est une idée à laquelle j’ai souvent pensé.

Hormis le scénario, je découvre dans cette série une vision de la famille espagnole avec en filigrane la distribution des comportements suivant le genre de chaque actrice ou acteur. L’image de la mère prend une place considérable alors que le père est souvent relégué au rôle de figurant.

Lutter contre la castration que provoque évidemment la disparition de la famille que le protagoniste principal a fondé masque à peine son combat pour tenter de s’émanciper du cocon familial.

Les deux personnages féminins principaux représentent toute l’ambiguïté maternelle vis à vis de la sensibilité masculine qui ne peut s’épanouir que dans l’étreinte, celle subit et celle qu’il réclame.

On peut aussi remarquer l’ambiguïté de la notion de famille à la fois rassurante et oppressante tout en même temps.

Les personnages des pères quant à eux sont comme effacés ce qui étrangement les rend importants dans l’imaginaire familial ou totalement falot. A croire que le père doit être décédé pour retrouver un ersatz de virilité contrairement à celui qui bien vivant est quasiment insignifiant.

Ce qui est diffusé est une information importante : la famille est tout et chacune de nos décisions est bonne ou mauvaise en fonction qu’elle maintient ou non la cohésion de celle-ci que ce soit la famille dont on vient ou celle que l’on crée.

Je pensais à tout cela est aussi à la Sicile. A ma première compagne et à son point de vue sur sa propre famille dont il était hors de question que je puisse attenter à la cohésion imaginaire en laquelle elle croyait. Jusqu’à me planquer dans un placard dans notre petit appartement de la Bastille sitôt qu’on toquait à la porte de peur que nous nous rencontrions son père et moi.

Ce qui advint au bout du compte et nous devînmes mêmes très amis sans jamais nous le dire, il était architecte et peignait dessinait à ses moments perdus. C’est d’ailleurs drôle ce genre d’expressions  » ces moments perdus » comme des réalités parallèles à une réalité maitresse.

Comme j’étais photographe à cette époque je lui ai proposé de faire des clichés de tous ses tableaux afin qu’il puisse oser présenter son travail à une ou deux galeries que je lui recommandais.

Jusqu’au bout nous jouâmes le jeu « du je ne sais pas quelle relation véritable tu as avec ma fille. » Et par respect même au pires moments de notre rupture puis de notre séparation je n’ai jamais vendu la mèche.

Le profil du type que ma compagne s’était dégotté était apparemment totalement à l’opposé du mien. Un battant qui faisait des études de médecine et qui habitait quelque part en Uruguay ou au Brésil.

Il s’en suivi des mois difficiles pour avaler le fait d’avoir été répudié ainsi par ma compagne mais aussi par cette famille sicilienne et tout l’imaginaire qui allait avec de mon coté.

Je passais de longues journées d’errances dans les rues de Paris courant d’aventure en aventure sans autre but que de salir ce fichu coté « fleur bleue » que je pensais être le responsable de mon exil.

A cette époque je ne m’intéressais déjà qu’à l’art, à la philo, à la littérature. Autant de choses qui ne servaient à rien véritablement c’est à dire qui assurerait une existence difficile, une vie de galère.

Je peux dire aujourd’hui que cette fille a fait le bon choix et que je suis content qu’elle l’ai fait. Sans doute m’en serais je encore plus voulu de l’entrainer dans les conséquences de mon refus d’effectuer le moindre choix de carrière.

Je crois aussi que je regarde cette série à cause de Mercedes Sampietro, quelle actrice magnifique à tous points de vue !

Aujourd’hui il va pleuvoir, pas la peine d’arroser, ce qui tombe bien cela me laisse plus de temps pour peindre et écrire.

C’est l’eau du ciel qui arrose toutes les fleurs, qu’elles soient bleues ou pas.

Mercedes Sampietro , une magnifique actrice

4 réflexions sur “Fleur bleue

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