Septembre.

Septembre est là de nouveau avec son cortège de clichés bien ancrés dans la mémoire. Que ce soit l’odeur de craie et d’encre mélangée à celle des malabars de mon enfance, les longues marches à trimballer un cartable pesant par tous les temps, quelques fragrances intempestives de décomposition, peut-être aussi le parfum des cèpes, des girolles dans les sous bois. Et puis toutes les effluves du neuf. Le neuf des livres et des cahiers, le neuf des vêtements, le neuf et l’ancien dosés savamment comme l’été et l’automne qui pour quelques jours se mélangent, s’épousent dans la flamboyance des feuillages, la récolte des pommes juteuses sucrées acides..

La rentrée agite le bocal toujours de la même sempiternelle manière. Un tiers d’espérance, deux tiers d’incertitude.

Bientôt tous les créanciers que l’on avait oubliés durant ces quelques semaines de répit vont ressurgir sous forme de plis recommandés, de tintements de sonnette inattendus, d’huissiers aux traits compassés masquant à peine les menaces à venir.

Les comptes bancaires oscillent déjà entre le rubicond et l’incandescent. Bientôt la petite voix melliflue du banquier au téléphone proposera un crédit pour mettre tout à plat, regrouper tous les crédits. Vivre à crédit, mourir à crédit toute la réclame incessante là dessus. La boite mail déborde.

Et puis la valse des plateformes téléphoniques. Ce petit temps de silence agaçant en diable lorsqu’on décroche, le brouhaha qui nous envahit les tympans et cette voix qui pratiquement toujours commence par un cher monsieur enchanté(e).

Sans oublier les impôts de toute nature, taxe d’habitation si l’en reste encore un peu, foncière ça ne s’arrange pas, et sur le revenu cette peau de chagrin.

Du coup il n’est pas de très bon ton de faire le mariole en septembre. Et encore Dieu merci je ne prends plus le métro, j’habite désormais au vert.

Au diable Vauvert.

Et bien pour cette année je trouve que nous avons eut notre content de déprime de marasme, d’accablements en tout genre. Je m’indigne, je m’élève contre toute velléité de déprime accentuée, je trouve que la coupe déborde le vase, que ce serait trop facile, et même d’une paresse crasse que de se laisser aller ainsi encore à la tristesse comme à l’angoisse.

je dis merde voilà !

La sensation de satiété est là pour une fois. Elle a eu le temps pour bien monter au cerveau. On a bien mâché, dépecé ruminé toute les peurs et les angoisses, l’inquiétude et la malchance des mois passés.

Place au courage et à la résistance.

C’est une idée qui me vient ce matin en buvant mon café mais je trouve qu’il est grand temps de me créer un petit guide personnel pour résister à la déprime automnale.

La première chose que j’ai trouvée en tant que peintre est de monter l’intensité des couleurs des mes toiles. J’ai comme une envie de saturer celles-ci d’orange, de jaune et de rouge.

Sans doute que plus j’avancerai vers l’hiver plus ces toiles me feront mal aux yeux, sans doute que je réinterviendrai pour leur flanquer quelques gris, me méfiant soudain des marques trop ostensibles de joie et de bonheur.

Mais pour l’instant tant pis ce sera comme ça. De la chaleur et de la couleur vive.

Résistance1 Acrylique sur toile 100×80 cm Patrick Blanchon 2021

2 réflexions sur “Septembre.

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