Transformer la lubricité en plomb.

Imagine un apprenti alchimiste qui se révolte soudain contre l’alchimie toute entière, qui s’insurge contre toute idée de discipline, puis à la fin contre le maître qui se propose. On le dirait fou bien sur et sans doute pour une bonne part l’est t’il.

Mais il ne faut pas renier l’intuition d’où part une telle révolte. Il ne faut pas plus nier cette immense confusion qui porte l’apprenti à explorer tout ce que le monde a déposé dans un seul mot : la lubricité.

Si diabolique en apparence soit t’elle cette confusion malgré tout est porteuse d’une lumière. Une lumière trouble au début qui happe la totalité des sens, tout en les exacerbant. Une lumière qui rend fou son porteur, qui le fait douter à l’infini à la fois sur sa raison d’être de porteur de lumière et cette intuition qui le conduit à ne jamais être en mesure d’abandonner ce rôle.

C’est que l’alchimie ne se soucie pas tant des matériaux dont elle se sert que de la clarté avec laquelle on les aborde.

Et pour l’apprenti inculte, aborder la notion de clarté il le pressent l’oblige en premier lieu à marcher à l’envers de celle-ci à s’engager dans les ombres.

Aller vers le féminin en soi, ce trouble du masculin.

Ce féminin à qui en même temps on attribue tant de faiblesses, d’autant que le masculin établit sa force soi disant sur ses contraires.

Force et faiblesse se disputant ainsi à l’intérieur du même les rendant tour à tour presque semblables c’est à dire monstrueux.

La lubricité pourrait alors être l’exploration d’abord inconsciente de ce gouffre. D’un écart que l’on chercherait coute que coute à combler.

Dans quel but ? Il n’y en a toujours qu’un seul évidemment que je ne nommerais pas cependant.

Tellement galvaudé par les temps actuels.

Cette brutalité, cette sauvagerie qui utilise comme canal les sens et débouche généralement sur le mot de luxure, elle ne provient que de cette même révolte contre une raison qui tourne à vide. Une raison sans raison. Une révolte contre la pensée qui ne se pense qu’en elle-même.

Sans la fameuse « modération » si chère à notre époque que des modérateurs fleurissent à tous les coins de forum et de rues.

Je veux dire aussi qu’être un véritable salaud n’est pas donné à n’importe qui. Il faut beaucoup accepter de lâcheté comme d’audace avant de pouvoir y parvenir. C’est à dire qu’il faut avant tout brûler une belle image d’Epinal. Celle dans laquelle chacun imagine leurrer son monde et soi-même.

A partir de là une fois que l’on a épinglé cette fameuse lubricité, que l’on a compris la nature de la « luxure » on possède enfin le matériaux adapté pour commencer le travail.

C’est certainement plus long tant que l’on refuse les coups de fouets et les caresses d’une maitresse ou d’un maitre.

Ce sera la vie qui endossera le rôle éducatif.

Aucune importance ! au final l’essentiel est de changer cette première illusion en quelque chose de tangible et dense comme le plomb.

Femme sous la pluie Huile sur toile 2015 Patrick Blanchon

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