Sisemine teekond

Et maintenant l’idée surgit, tout d’abord ridicule évidemment comme souvent. J’ai fait une liste de titres pour mes tableaux, mais le français ne rend pas compte de l’étrangeté de ce voyage. Le français tellement épris de précision et de nuance, le français qui veut tout penser tout savoir…

J’ai donc pensé à l’estonien.

Déjà parce que je ne parle pas l’estonien. Et que j’imagine ne pas être le seul lorsqu’inscrits sur des cartels les titres apparaitront ainsi dans une phonétique singulière aux visiteurs.

Ce voyage intérieur se transforme en Sisemine Teekond d’après le traducteur de Google.

Et puis ce n’est pas si ridicule que ça dans le fond , je dois bien cela à mon grand-père parti de là-bas, à ma grand-mère et à ma mère. A toutes ces ombres vacillantes dans les longs jours d’été proches de Thulé où parait-t ‘il on récoltait deux fois.

Une façon saugrenue de régler des dettes en monnaie de singe j’ai d’abord pensé comme pour me dédouaner en me disant : « tu veux encore une fois de plus faire ton intéressant ? »

Une part de moi est estonienne bien que je sois français. C’est ainsi.

Maintenant la question se pose… dois je laisser le mot français près du mot estonien sur les cartels ?

A mon avis oui ne serait-ce que pour me souvenir de la traduction si par hasard un visiteur me demande ce que ça veut dire.

Ou bien justement ça ne veut rien dire du tout c’est simplement dans un but administratif, pour les assurances que l’on doit donner des titres, des dimensions, une technique…

J’imagine déjà la tête de la secrétaire de la compagnie d’assurance qui va écrire Sisemond teekond et tous les autres titres en se relisant plusieurs fois pour être sure de ne pas faire d’erreur…

Blague à part, en découvrant ces mots je les prononce à haute voix et l’écho que me renvoient les murs de l’atelier me sont familiers sans que je ne comprenne ni pourquoi ni comment. Cela ressemble à de l’italien parfois.

Je ne parle pas plus l’italien pourtant. Mais mes premières amours provenaient de Sicile, de Naples, comme si déjà les sonorités avaient touché ce cœur si difficile à écouter sans distraction. Peut-être que si j’avais mieux écouté j’aurais poussé la barque jusqu’à Tallin et au delà, je n’en sais rien…

Trêve de supputations dominicales !  » Pole enam pühapäevaseid oleti ! » comme Google dit en estonien

Allée des soupirs/ Ohkamiste allee
Ohkamiste allee Huile sur toile 120x 80 cm Patrick Blanchon

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