Les iles de la Tranquillité.

Soudain je me penchai sur cet art qui consiste à porter une attention particulière à la plus petite peccadille afin de s’entrainer à célébrer.

On laisse filer tellement de choses par inattention. On les regarde sans les voir. Ou alors on les regarde pour en retenir quelque chose à profit, avec intérêt dans un espoir d’en recevoir des dividendes.

L’attention commandée par l’intérêt sans doute.

Mais cette attention là, celle dont je suis en ce moment même en train de vous parler, elle n’enlève pas les doutes. Elle en fait une matière, que l’on peut déposer dans un creuset.

C’est au travers d’elle en la chauffant d’innombrables fois à la flamme du doute, de l’hésitation que l’on parvient enfin à percer sa gangue confuse, boueuse. C’est alors que la croute se fendille, qu’elle laisse échapper quelques étincelles de clarté, et dont on ne sait la plupart du temps que faire tant qu’on est jeune et inexpérimenté dans cet art.

L’ultime étape est donc d’installer une estrade, de la décorer de lampions, voire de jolis bouquets, asperger le tout ensuite d’un brin de vétiver, Enfin, mettez vos plus beaux atours et grimpez ensuite au beau milieu !

Une fois tout cela effectué plus ou moins dans le bon ordre, essayez vous à célébrer.

Sans doute n’y parviendrez vous pas du premier coup, peut-être aurez vous un ton trop perché, des tremblements dans la glotte, des sueurs froides, ou serez vous pris d’ivresse et déblatérez des bêtises aussi grosses que vous.

Ce n’est pas grave du tout !

Osez célébrer. Pour un oui et pour un non.

Célébrer un instant c’est tirer le fil ténu de l’étincelle pour extraire un soleil, une étoile.

Il faut savoir le doute comme la nuit, ces nids.

Et après des années, un jour sans doute, accepter

que quelque chose prenne son envol, sans regret.

l’accompagner ainsi à l’aide d’une pierre blanche, marquer le coup.

Oh on s’intéresse aux grands faits d’armes, à l’extraordinaire inventé par l’ennui pour se distraire de l’ordinaire.

Essayer l’infime peut aérer l’esprit.

Et surtout améliorer le ton le timbre des discours

Et vous verrez, en célébrant ainsi mille petites choses que la magie existe, qu’elles vous le rendront mille fois !

Vous croyez que c’est encore trop peu ? vous dites : temps perdu …

tout cela parce que vous croyez posséder le temps alors que ce n’est que l’illusion qui souvent vous possède.

Le résultat de cet art n’est pas visible à l’œil, il est sans tapage, ni fanfare.

Cette estrade est évidemment intérieure.

C’est là qu’en tant que capitaine vous dirigerez au mieux le navire.

Fendant l’ennui, la paresse, toute l’apparente médiocrité des jours, pour atteindre de plus en plus souvent les îles de la Tranquillité.

Je ne dis pas que c’est facile, ni difficile.

Je vous dis juste : essayez persévérez et vous verrez !

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