L’imposture, un modèle social.

Toute société a les imposteurs qu’elle mérite et pas étonnant que celle dans laquelle nous vivons les produise en batterie. On est arrivé à un tel degré d’ineptie désormais en créant des processus, des normes, que ce qui faisait autrefois « l’humain » est devenu quasi inexistant.

Je pense que si n’importe quel pauvre type de l’antiquité ou du Moyen âge pouvait observer ce que sont devenues nos sociétés dites modernes il se dépêcherait de s’immoler pour retourner d’où il vient.

C’est à dire que petit à petit la zombifaction du monde progresse à grands pas d’une façon exponentielle.

On ne nous demande plus du tout de penser, mais d’appliquer et surtout de la boucler.

Du coup et de là à ce que de plus en plus de petits malins comprennent parfaitement les nouvelles règles du jeu et en profitent à outrance il n’y a pas des kilomètres.

Le maitre mot est donc de s’adapter parfaitement au désir de l’autre. Et donc de le comprendre parfaitement spontanément avant même que cet autre ouvre la bouche, pour que de celle-ci d’ailleurs ne sorte pas grand chose d’autre que des clichés, des poncifs.

Comprendre que désormais chacun est directement abreuvé à la pensée unique, rien de plus facile pour les Tartuffes de tout acabit que de montrer une dévotion envers celle ci afin d’obtenir par la bande tout ce qu’ils voudront de pas bien clair.

Je pourrais citer des noms évidemment, donner des références, et avoir l’air savant ou crédible dans ce que j’avance. Participer moi aussi à la grande simagrée de l’assemblée des singes savants.

Mais non, peu importe les détails, ce qui compte c’est l’essence de l’imposture dont il faut absolument parler : c’est l’absence de réflexion, l’absence de pensée, l’ignorance dans laquelle on barricade les moutons et les porcs en prévision de l’abattoir.

On dira que Guy Debord est un peu le Nostradamus ou le Nicolas Flamel de notre époque, que la société du spectacle est un terme amusant, exagéré sans doute… bref des billevesées … et pourtant il n’y a plus que ça partout aujourd’hui , en politique, en économie, en entreprise, et même dans les boudoirs, dans les paddocks … rien que du spectacle et plus grand chose d’autre.

Il n’y a peut-être plus que l’art qui peut être une sorte de refuge, une arche de Noé pour affronter le cataclysme ultime et surnager au dessus de tous ces miasmes. Le seul endroit où sans doute on peut encore être humain sans se faire sauter dessus, puisque c’est bien connu l’art ne sert à rien pour la plupart des gens à par décorer les murs et spéculer.

un reste d’humanité 60×80 cm Huile sur toile Patrick Blanchon

9 réflexions sur “L’imposture, un modèle social.

  1. Un constat bien triste que cette bouffonnerie ambiante, si vide, tellement vide.
    L’art comme un îlot, une forme d’art, échappant au cataclysme de la prostitution en tout genre…. c’est devenu rare.
    Merci pour ton texte Patrick.

    Aimé par 2 personnes

  2. L’écriture peut, elle aussi, être ce refuge. Surtout si elle est faite avec grand art. Et il y eut aussi McLuhan qui fut un peu le Nostradamus d’une génération (hippie?) qui disait qu’un moment donné le medium deviendrait le message. Maintenant il n’y a plus que le medium, qui est le medium, qui dit le medium, qui déifie le medium . . . et devant ce vide, fixant le néant, le regard humain se zombifie ainsi.

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