Le choix

Choisir c’est renoncer comme on le sait. C’est à dire qu’il faut faire un effort considérable pour balbutier un oui ou un non.

Aussi certains prennent le parti de dire toujours oui, d’autres toujours non, comme s’ils avaient choisi ou renoncé une bonne fois pour toutes à quelque chose.

J’étais plutôt oui parce que ça m’empêchait soi disant de me prendre la tête.

Ce qui est totalement erroné.

Puis j’ai décidé de me lancer dans le non pour rattraper tout ce temps perdu. Mais je n’ai pas vu énormément de changement.

Ce n’est pas linéaire, ni stable, cela n’offre pas une sécurité.

C’est sans doute ce mot l’entrave, la sécurité, mais on pourrait aussi ajouter la confiance. La confiance dans la vie, la confiance en soi, la confiance tout court.

Enfin j’ai usé d’abracadabras parce que je ne voyais pas d’issue.

Dire oui ou non au petit bonheur la chance c’est quelque chose, je veux dire que ce n’est pas rien comme on pourrait l’imaginer.

Cela déclenche un tas de chemins qui s’ouvrent sous les pieds.

Ensuite on peut se dire : suis je sur le bon, le mauvais chemin, c’est une autre histoire.

En choisissant le hasard on tente de se débarrasser progressivement du but, car c’est aussi cela choisir, aller vers un but.

Je choisis ce chemin parce que je ne sais pas où il mène, offre une chance de reconsidérer tous les buts.

Ensuite évidemment pour tenter de rentrer dans le rang on peut se plaindre, s’autoflageller, se dire qu’on est totalement idiot ou débile, ou je ne sais quoi, mais tout ça n’est qu’une couche superficielle à laquelle on tente encore de s’accrocher pour préserver je ne sais quelle identité.

Le malheur, le regret, le remords voilà ce qui nous permet de décider d’une continuité de nous-mêmes, tout comme le bonheur, la joie. C’est encore une sorte de oui ou de non déguisé.

Mais ce qu’il peut y avoir en dessous de la couverture, on ne prend pas suffisamment le temps de la soulever pour le voir.

Dans le fond oui et non c’est comme ni oui ni non c’est ambiguë à souhait et ça agace une bonne partie des gens qui eux pour être tranquilles veulent un oui ou un non. Enfin ils veulent savoir sur quel pied danser.

Et une fois qu’ils le savent dansent t’ils pour autant ?

Comme d’autres veulent savoir quel est le bon pinceau, la bonne couleur et je ne sais quoi encore avant de se lancer. S’ils se lancent jamais d’ailleurs.

Il faudrait reconnaitre en dessous et au dessus du oui et du non, l’immanence. Pas facile de suite je vous préviens

Etre tout à la fois baleine, requin et petit poisson nageant dans l’immanence. Un coup je te mange un coup je suis mangé, et tout ça sans le plus petit espoir ni regret, en s’ajustant au c’est comme ça vaille que vaille.

Et votre humanité là dedans me demanda t’elle soudain

Et là je me suis tu, je n’arrivais toujours pas à me décider si je devais me relever pour marcher sur mes deux jambes ou continuer à quatre pattes.

Vous ne regardez pas par la bonne lorgnette ajouta t’elle, soyez plus léger bon sang et vous verrez comme tout finalement baigne joyeusement dans l’éther.

J’allais opiner du chef bêtement mais je me suis repris.

C’était encore une de ces optimistes militantes qui allait me bourrer le mou avec une armée de poncifs à la noix, alors j’ai pris mes jambes à mon cou ce qui n’est pas rien à mon âge et demande encore une capacité de souplesse appréciable.

Technique mixte Patrick Blanchon 2021 50×50 cm

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