Confusion et séparation

Dessin Bastet autre version Patrick Blanchon 2021

Il y a ce trouble qui rend à la vie par l’effacement soudain des repères,

par l’oubli temporaire du confort des clartés,

par l’amnésie d’une sécurité bizarre que produit le précis.

Cette confusion où tout est mélangé provoque une émotion ancienne,

en relation avec la fusion

puis, tout de suite, simultanément,

une angoisse associée à un besoin vital de s’en extraire, de s’en séparer.

C’est ainsi que la pierre surgit du magma par convection,

passe un temps infini à vivre l’état de séparée

avant d’être absorbée de nouveau,

pour rejoindre sous la croute du monde visible, le manteau,

puis le noyau.

Ainsi sont explorés l’état liquide, solide, gazeux .

Sans relâche depuis le commencement des temps.

L’immanence de la matière traversant ainsi toutes les métamorphoses,

se confondant dans l’informe puis ressurgissant dans la forme.

Pourquoi en serait-t-il différent de l’esprit ? De l’Energie électrique qui constitue en grande part ce je que j’énonce à tout bout de champs pour lui conférer une contenance ?

Comme si un vase pouvait créer la fleur

Le « Je » monolithique

comme ces menhirs alignés sous les étoiles

les reflétant pour indiquer un haut et un bas, une géographie,

une spatialité qui n’aurait de fonction que celle d’être vierge afin d’être envahie.

Il y a le même trouble qui rend à la mort tout ce qui l’instant précédent se pensait en vie pour une éternité.

Il y a bien une sorte de mouvement qui ne cesse jamais, perpétuel entre la confusion et la séparation.

Et pour trouver l’immobile, ce fantasme, nous bâtissons des murs, allumons des feux dans la nuit.

Nous murmurons le mot foyer en soufflant sur les braises afin de faire naitre l’Autre.

Nous implorons la confusion de nous arracher à la solitude et lorsque cela enfin arrive

nous la jetons à terre, en la méprisant pour nous sentir hauts.

Nous montrons alors la femme du doigt, recouvrons la d’un voile afin de ne plus être dérangé.

Et prenons les armes pour tuer l’autre en nous comme en elle

délivrons nous de la raison, oublions nous dans la métaphysique

devenons bœuf, aussi gros jusqu’à en exploser d’ivresse.

Et c’est ainsi que parle l’insensé qui ne voit plus de sens à rien en même temps que le sage qui trouve un sens à tout.

C’est qu’il n’y a pas deux camps dans ce cas

Comme il n’y a pas confusion ou séparation

mais la même chose toujours qui chemine en quête d’une réalité dont elle ne satisfait jamais.

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