Tant qu’il y a de la vie

Il est possible que tout, absolument tout, ne soit qu’un rêve. L’un de ces rêves dont on ne se souvient même pas à notre réveil. Mais quelque chose ou quelqu’un dort et se réveille parfois pour s’en rendre compte et cela ne serait-ce que cela, est extraordinaire.

Il est tout aussi extraordinaire qu’un rêve, si petit, si infime soit-il prenne conscience qu’il est un rêve.

C’est laisser à l’étincelle sa propre liberté, indépendamment du feu, indépendamment de l’obscurité que de l’imaginer.

C’est notre vie.

Que nous en prenions conscience véritablement ou pas, c’est notre vie.

Ce qui relève à une hauteur infinie la plus petite chose, le moindre évènement qui la constitue.

la vie traverse tout comme rien d’autre.

Et tant qu’il y a de la vie quelque part sur cette terre, dans cet univers ou un autre, le rêve continue à se consumer avec la même puissance, la même douceur, le même mystère.

Et c’est un havre de paix de le penser.

Ce concerto pour piano et orchestre no 2, opus 18 de Serguei Rachmaninov est un peu comme une oasis, un retour à la maison.

Après trois années de dépression suite à l’échec de sa première symphonie exécutée par un maestro ivre et l’interdiction par l’église orthodoxe d’épouser sa cousine germaine, Rachmaninov revient à la vie et crée ce concerto dans lequel on peut voir l’ensemble d’un parcours

Les premières mesures lui permettent de s’extirper du sommeil, puis, une fois éveillé il se souvient de tous les moments qui l’ont conduit à la dépression. Alors défilent tous les moments difficiles, douloureux de sa vie ce qui donne à cette première partie sa tonalité sérieuse, grave, torturée, égocentrique ?

Puis vient l’Adagio et la vie en lui retrouve son chemin, malgré la fragilité de cet éveil, l’espoir renaît. C’est l’aurore qui suit une longue nuit.

Enfin avec l’Allegro Scherzando s’ouvre le plaisir de gouter profondément à la vie, la foi revient et avec elle ce que Rachmaninov considère le plus précieux, les retrouvailles avec la musique.

Cette version de l’opus 18 exécutée par Anna Fedorova me touche tout particulièrement ce soir au moment où j’écris ces lignes.

A noter que Rachmaninov rencontrera Nicolas Dahl qui l’aidera notamment par l’hypnose à sortir de la dépression.

Ce qui me ramène encore à l’idée des innombrables interactions dont nous bénéficions, chacun de nous, au cours de notre existence et au mystère de l’attention à une seule parfois sur laquelle nous nous appuierons, pour nous tirer du pétrin dans lequel nous avons imaginé, à tort ou à raison, nous être fourré.

Ces interactions ne sont t’elles le ferment, l’essence même de ce que nous pourrions appeler la générosité de la vie. Ce qui est difficile souvent à supporter n’est-ce pas aussi cette générosité ?

Nous ne nous sentons souvent pas de taille, démunis face à celle-ci, nous pensons ne pas la mériter où pire nous la considérons comme due et quantité négligeable ce qui revient plus ou moins à la même chose c’est à dire de passer à coté sans la voir telle qu’elle est vraiment.

Le désert après tout, c’est ce que je me dis pour la peinture, participe de la nature de l’oasis comme des mirages.

Une réflexion sur “Tant qu’il y a de la vie

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