Sexe et mysticisme

On ne guérit pas de la névrose, on la supporte, on trouve comme on peut des pansements. Moi c’est la peinture et un peu le mysticisme. Avant il y a de ça des milliers de vies il y avait le sexe.

Mais dans le fond tout ça se rejoint dans le mot pansement, dans la névrose.

La peinture le sexe le mysticisme ne sont pas autre chose que des pansements, voilà ce que je me dis certains jours comme aujourd’hui.

Du coup je ne fais rien. Je tourne en rond. De temps en temps j’arrive à mon bureau et j’écris ce genre de choses que je regretterai certainement quelques jours plus tard.

Parce que ce sera à coté, ce ne sera plus ça.

Ce genre de lucidité qui s’évanouit avec la même rapidité qu’une illusion.

Parce que la « réalité » est le mat auquel on s’attache.

Et que rien ne tient bien longtemps face à celle-ci.

Cette réalité là est comme la plus désirable des femmes, comme une folie mystique. On ne cesse de rêver d’un accouplement, d’une union qui sans arrêt s’évanouit au moment même où la pensée nous fige.

Il suffit de penser à une vergeture où à l’injustice flagrante de ce monde pour débander et retourner à la boue profane.

C’est par faiblesse de sentiment. Ces sentiments nobles qui trainent dans tous les ouvrages, de la collection Arlequin à Saint-Augustin.

Ces sentiments nobles brandis sans relâche comme un idéal nécessaire à l’équilibre de la paix.

Et qui ne font que produire de la violence lorsqu’on se rend compte qu’ils nous échappent, que leur accès dans cette réalité nous est interdit.

N’importe quel trou alors ferait l’affaire comme n’importe quel autel, pour déverser ses humeurs et prier, conduit par l’espérance folle de disparaitre complètement dans l’orgasme ou la grâce.

Je ne sais pas si ces deux mots sont à niveau vraiment, c’est sans doute erroné encore de le penser.

Car on revient de l’orgasme mais pas de la grâce. Celle ci nous ravit vraiment et on peut s’enfuir en marchant sur l’eau, on n’est pas vu des borgnes ni des aveugles.

Parfois même on met un certain temps à se rendre compte soi-même que l’on marche sur les eaux et quand cela arrive enfin c’est pour couler plus profondément encore.

Toujours en raison de la « réalité », ce pouvoir qu’elle possède d’attirer et de rejeter, l’arène de l’analyse, y survivre une science véritable.

L’hystérie est une facilité qui se guérit peut-être sitôt qu’on prend conscience qu’elle n’est qu’un superflu destiné à dissimuler un essentiel insupportable.

Un essentiel qu’on tente de cerner vaille que vaille à grands renforts de logorrhées, de moulinets, de coups de reins et d’agenouillements compulsifs.

Que reste t’il après que toutes ces illusions se sont envolées, lorsqu’on ôte le pansement et que la plaie saigne toujours ?

Peut-être un art de tout recommencer en résumant les choses, une amélioration issue de la biffure, de l’effacement, et d’une certaine tendresse comme celle qu’on obtient de la viande en la frappant sans ménagement.

comme on se cogne sans arrêt la tête contre un mur.

Icone de Sainte Thérèse d’Avila

4 réflexions sur “Sexe et mysticisme

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