La chanson à texte

J’ai un faible pour la chanson à texte. Pour la chanson qui raconte une histoire. Surtout si en plus c’est bien écrit. Et j’en ai écouté beaucoup, avant. Car désormais, sauf en période d’automne-hiver, la plupart du temps, j’écoute de la musique sans parole. Comme il m’arrive aussi de couper le son de la télévision pour ne regarder que des images qui bougent.

Mais là en me souvenant de Richard, je me suis rappelé de Mac Orlan, de Moret-sur- Loing, du son de l’accordéon de Lino, et bien sur de La chanson de la ville morte chantée par Monique Morelli. Bref toute une époque qui me revient avec la mélancolie que systématique l’Avent m’octroie comme un geôlier la gamelle à un bagnard emprisonné à perpète.

Cette voix particulière de Morelli me renvoie à toute la misère traversée dans un Paris qui n’a plus court. Un Paris que j’aimais, auquel je m’étais attaché à grands renforts d’imagination.

C’est à dire que déjà jeune j’étais vieux voyez vous. Tout ce que diffusaient les ondes ne m’inspiraient pas vraiment. Tout ce que je voyais dans les rues non plus.

Il y avait comme des images sans arrêt superposées sur la ville. Dans lesquelles je pouvais apercevoir François Villon, Gérard de Nerval, le Château des Brouillards en pleine activité, beaucoup de poètes et d’écrivains lorsque j’y repense dont les présentations furent faites en chansons

Que ce soit Pauvre Rutebeuf chanté par Léo Ferré, Mon vieux Gaspard par Moustaki, reprenant ainsi Verlaine, Aristide Bruant dont la voix bizarre jaillissaient d’un 78 tours, et je pourrais en citer beaucoup d’autres encore bien sur, toutes les chansons que j’aimais ne me parlaient jamais d’autre chose que de la vie, de sa misère, et de la beauté qu’il fallait trouver pour s’aider soi-même à la traverser.

Au fond du désespoir ces chansons semblaient indiquer une lueur plus ou moins forte et à laquelle je m’agrippais bien sur désespérément.

C’était un genre, comme Paris évoquait aussi quelque chose de l’ordre du genre, sans doute le romantisme.

Et puis il y a eut des personnes très bien, qui m’ont dit que le romantisme ce n’était pas bon gout.

Notamment René Girard qui lui pense que c’est le summum du masochisme.

Bon. Moi je veux bien tout ce que l’on voudra. Mais quand même j’aime la chanson à texte, c’est comme ça, je ne vais plus changer maintenant.

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