Mad men

Je paie un abonnement à Netflix car malgré toute ma bonne volonté je ne parviens plus à être bon public face à la désespérance des programmes télévisés publics.

Même si hier encore j’essayais de me convaincre de tout un tas de choses totalement inutiles. Comme par exemple le fameux 3ème degré que j’évoque souvent à mon épouse et qui la met en rogne parce qu’elle considère, certainement à raison, que c’est une façon peu reluisante de botter en touche.

Le fameux c’était une blague au bout d’un moment lasse même le public le plus chevronné.

Du coup je suis tombé l’année dernière, en pleine crise de Covid (déjà) sur la série « Mad Men » que je n’ai pas pu lâcher avant d’avoir vu toutes les saisons et tous les épisodes. Non sans éprouver un genre d’épouvante que je n’avais plus éprouvée depuis les débuts de mon adolescence.

Ce genre d’épouvante dans lequel on trouve un plaisir étrange et où on se rend compte à quel point la peur et le désir sont étroitement liés. Je crois que j’ai commencé ce genre de pratique avec la bande dessinée « Vampirella » dont j’ai traqué tous les exemplaires chez le bouquiniste du village où j’habitais à cette époque, puis je suis passé ensuite comme un drogué à des produits plus dangereux évidemment, et à une sorte d’accoutumance dont je me suis désintoxiqué non sans mal sur le tard. Mais la rechute fait partie du processus et je ne nie pas celle-ci lorsqu’elle me tombe dessus.

C’est que cette série d’émotions de sensations font appel à des énergies basses, facilement accessibles, tellement facilement d’ailleurs qu’on s’y rue comme un cochon sur les épluchures de légumes en patinant dans sa bauge.

Donc la série Mad Men est tout à fait ce genre de chose dans laquelle on plonge, on se vautre, un véritable bain de boue qui, j’imagine, comme tout bain de boue qui se respecte ne sert qu’à se garantir des piqures d’insectes

. Ce genre d’insecte qui nous suce le sang régulièrement les soirs d’été en nous rappelant que tout n’est pas si rose qu’on l’imagine dans la vie. Qu’il ne peut y avoir de bonheur parfait sans éprouver parallèlement un peu de douleur.

Cette série remet sur le tapis cette question qui me préoccupe presque autant que le sexe jadis me préoccupait.

Faut il ou non prendre les gens en général pour des cons ?

Car on sent qu’une fois le choix effectué notre vie s’en trouvera définitivement changée. Que probablement aussi nous bénéficierons d’un formidable gain de temps aussitôt qu’une décision sera à prendre dans n’importe quel domaine. Et cela d’une façon simple, évidente en accompagnant cette première question d’une autre :

Que veulent vraiment les gens ?

C’est un processus implacable alors qu’il faudra suivre à la lettre. Les gens veulent ceci ou cela, beaucoup de personnes vont leur proposer ceci ou cela, comment pourrais-je moi me démarquer du lot en proposant un ceci cela qui réduira en poudre tous les autres ?

C’est à peu près aussi simple qu’avec les femmes.

D’ailleurs la pub est certainement crée au début pour les ménagères qui n’ont rien d’autre à faire que de regarder la télé. La persuasion dont elles s’imbibent le jour se répand ensuite par un échange de fluides et d’humeurs d’un corps à l’autre au creux du lit des rêves , et le mari se frappe le front dès le matin en disant Euréka.

Prendre les gens pour des cons c’est ce que je dis moi évidemment. Ce n’est que ma propre interprétation grossière si l’on veut de la chose. Voire vulgaire si vous voulez.

Mais les mad men proposent évidemment une autre appellation. Ils savent que nous avons toujours besoin de quelque chose et que nous sommes prêts à payer le prix fort pour l’obtenir.

Et ce quelque soit ce nous pensions être.

Même un ermite vivant dans une foret loin du monde est capable de payer le prix fort pour rejoindre un modèle de tranquillité que quelqu’un un jour ou l’autre lui aura vendu à son insu.

Ce qui remet en question parfois profondément, douloureusement toutes les idées extrêmement naïves et prétentieuses à la fin concernant la générosité, le don, la gratuité.

De toutes façons avec un peu de jugeotte et quelques heures de recherches sur Google il faut remonter à ce mot lui-même, le don, pour comprendre qu’il n’a jamais été gratuit, il s’agit toujours d’un échange, d’une prière. Et quoi que nous voulions penser qui puisse nous arranger ou pas, nous en attendons toujours une quelconque rétribution.

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