Plaire

Léonor Fini, Divinité Chtonienne guettant le sommeil d’un jeune homme.

On ne peut pas plaire à tout le monde et tout le temps. Tout le monde le sait et pourtant on persiste dans l’erreur. Pourquoi ?

Un certain confort sans doute proche de la paresse, de la vanité, de l’orgueil. L’idée d’être unique, important, incontournable.

Moi moi moi.

J’en étais presque tout à fait revenu lorsque je suis tombé sur Gaston. Pile poil au bon moment, parce que la vie, quoiqu’on en dise est très bien fichue, la vie c’est une mécanique de précision.

Lui ne voulait plaire qu’aux négresses. Moi à toutes les femmes qui passaient.

Mais la dernière baffe m’avait sonné, je commençais à douter de mon positionnement de queutard dans la vie.

Le positionnement, on dit ce mot désormais mais avant les vieux disaient : Est ce que tu sais ce que tu veux dans la vie ?

Et c’est parfaitement exact qu’en matière de femmes je ne savais fichtrement rien de ce que je voulais, à part qu’elles m’aiment et que je puisse coucher elles avec autant qu’il me serait possible de le faire, et même au delà.

Je voulais plaire à toutes et au bout du compte rien ne marchait jamais.

J’étais un don juan des temps modernes qui n’avait pas assez creusé les véritables raisons de son besoin de séduire.

Qui fuyait même à couilles rabattues ces fameuses raisons, car forcément elles n’allaient pas me plaire. Elles me parleraient ces raisons du malheur d’être soi, d’être seul et de ne pouvoir l’accepter, ces raisons étaient de plomb alors que je rêvais de bulles, de plumes et de plumards.

Elles évoquaient aussi à voix très très basse la nécessité. Cette fameuse nécessité dont je ne voulais jamais entendre parler.

Celle qui fait foi.

Personnellement je me refusais à toute nécessité comme une vierge effarouchée pour le coup.

Pour le coup rêvé, fantasmé, un ailleurs à repousser le plus loin possible de peur que.

Ce qui me laissa vite penser, grâce au regard de Gaston sur ces femmes évoquant la générosité de la Terre, ces noires obscures aux blanc des yeux si blanc , que je cherchais vainement au dehors ce qui ne cessait de me fuir à l’intérieur de moi ou que je fuyais d’ennui de trop le voir.

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