Dichotomie

Le mot « parfois », me semble suspect dès que je l’écris.

Est-ce que j’utilise ce mot dans la langue de tous les jours ?

Parfois il m’arrive de tomber sur ce genre de mot bizarre.

Parfois je me demande si écrire de tels mots, de ne les utiliser que lorsque j’écris, n’est pas un symptôme.

Le symptôme que quelque chose cloche au plus profond de moi, et que justement ce symptôme tente de m’avertir d’une déviance, d’une maladie, d’une sorte de catastrophe silencieuse et perpétuelle qui se déroule depuis le début des temps.

Je pense à la dichotomie entre deux langues, celle de tous les jours et celle utilisée pour écrire.

Cet écart entre les deux me troue le cul parfois.

Cet écart entre les deux m’amuse et m’épouvante.

le pain était dur ce matin au petit déj, c’était épouvantable. Bien sur que non, le pain était dur et je l’ai avalé parce que je n’avais rien d’autre, et qu’on se fait à tout.

Du coup pourquoi ?

Pourquoi utiliser tous ces mots dans l’écriture que l’on n’utiliserait jamais dans le langage parlé ?

Parce qu’on se fait une haute idée de la littérature ?

Parce que si on ne montre pas toute l’étendue d’un vocabulaire on ne sera pas crédible ?

Ou bien parce que lorsque j’écris, j’éprouve la nécessité d’un rituel, d’enfiler un costume « spécial » chamanique si l’on veut, et de parler une langue bizarre, quasiment étrangère ?

Où se situe la vérité dans tous ça ? Et le respect ?

Le respect des idées qui me traversent et dont j’éprouve à certain moment un besoin bizarre de les travestir de mots bizarres, qui à voix haute sonnent faux.

C’est sans doute la botanique qui pourrait me fournir des clefs pour ouvrir cette serrure.

Car il s’agit d’un vers où à n’en pas douter.

Vers où va la littérature telle que je l’imaginais avant et aujourd’hui ?

tout ça n’est que de la littérature disent les pragmatiques. Autrement dit tout ça n’est que de la merde en barre. Autrement dit tout ça ne sert à rien. Autrement dit encore , c’est parfaitement inutile.

Peut-être que la dichotomie est une opposition entre utile et inutile aussi.

Si on regarde l’effort des plantes pour se diviser en rameaux de quoi est-t ‘il question ?

Mais d’équilibre je crois bien, d’équilibre toujours et rien d’autre.

Or donc parfois je peux écrire parfois et je peux dire aussi de temps en temps sans que ça ne me troue le cul exagérément.

C’est toujours cette même peur finalement, la peur qui n’éloigne pas le danger.

Mais si on réfléchit et qu’on se souvient, on ne peut pas nous faire un trou là où on en a déjà un.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.