Les échanges

Les soupçons débutèrent soudain concernant ces marges exagérées sur certaines denrées venues d’on ne savait où .

Et puis c’était parfaitement injuste que ces pays là ne soient pas assujettis aux taxes comme ici, sans compter tous les pesticides.

Et tout ça pour finir sur les rayons des supermarchés du coin, tout ça aussi pour dire, lorsque l’acheteur appelait

— vous rigolez la farine je peux l’avoir moitié prix que la votre, je vous fait encore une fleur de vous la prendre à ce prix là.

Louis faisait ses comptes sur la table de sa cuisine et s’arrachait les cheveux par poignées.

Comment allait il faire ?

comment faisaient les autres ?

C’est comme ça que démarrent les soupçons. En se demandant comment font les autres.

Avaient t’ils pactisé avec la centrale d’achat en baissant un peu plus leur pantalon que les mois précédents ?

Il se souvint tout à coup de cette voiture flambant neuve que le voisin venait d’acheter. Oh ils ne se fréquentaient pas beaucoup, c’était un jeune qui venait du la ville, un de ces bobos qui vantait les mérites du crottin et de l’air pur de nos campagnes.

Certainement que celui là n’avait pas de scrupules, certainement qu’il avait baissé son froc encore plus rapidement que tous les autres.

Car désormais ils étaient une petite dizaine de citadins à s’être installés dans ce coin perdu, tous plus ou moins écolos soi disant.

Mais à la vérité, Louis le savait ils pactisaient avec le diable, ils y allaient gaiment avec les engrais chimiques, et ça ne les dérangeaient pas de baisser les prix en plus de ça, ils venaient là pour se reposer, se détendre, profiter de la vie comme ils disaient.

D’ailleurs ils ne bossaient même pas eux mêmes ils employaient des étrangers pour faire le boulot la plupart du temps. Et au black en plus de ça.

A coté de ça quelle hypocrisie, c’était des petits signes ça et là au marché, des gestes qui se voulaient amicaux

des bonjour Louis comment va, tout va bien ?

Et leurs sourires non mais leurs sourires béats de faux cul. Louis n’en pouvait plus.

C’est ce jour là, un mardi alors qu’il revenait de la foire et qu’il refaisait ses comptes encore une fois de plus attablé dans sa cuisine qu’il prit sa décision.

Terminé les échanges !

Désormais on pourrait bien le saluer, lui faire des signes, il ne répondrait plus à personne

D’une certaine façon, puisque c’était la fin du monde que celle-ci se passe dans le silence et le moins d’hypocrisie possible.

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