Ne rien vouloir c’est vouloir tout (3)

Cela faisait plusieurs jours que je fuyais la place et ses miracles, la répétition me renvoyait à mon ennui. Je me rendais directement au lac une fois le petit déjeuner pris. Un soir peu avant que la nuit ne tombe je retombais sur le vieil homme assit sous l’arbre et j’eus envie de le provoquer.

— ça ne vous gène pas d’avoir à produire les mêmes miracles tous les jours ? je demandais

— Et toi ça ne te gène pas d’être aussi avide ? répliqua t’il

Ma première réaction fut d’éclater de rire. Moi avide ? vous rigolez ? je ne veux rien je vous l’ai déjà dit.

— vouloir rien c’est vouloir tout me répondit le vieil homme et il ajouta creuse encore et vois comme tu es avare.

J’étais stupéfié tout à coup comme si ce qu’il me disait m’accordait à la façon d’un instrument de musique.

Sa voix douce et calme venait de m’énoncer des horreurs et ces horreurs étrangement me délivraient de quelque chose d’invisible.

Comment pouvais-je comprendre ce qu’il venait de m’apprendre ? Comment pouvais-je l’accepter ? Je ne le savais pas à cet instant précis mais j’eus l’intuition soudaine, étonnante, que rien ne pouvait sonner plus juste.

Nous restâmes silencieux les oiseaux avaient achevé leurs sarabandes dans le ciel et la nuit doucement comme un baume se déposa sur nos deux silhouettes les rendant indistinctes.

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